OTAN: la plus grande des saintes alliances militaires capitalistes de tous les temps. Sous la domination des Usa, elle sert leur politique de domination mondiale. Combattons sans arrêt cette machine de guerre impérialiste, agressive, colonialiste, ruineuse et dangereuse, pour tous les peuples de la planète. Pour recevoir ces articles, envoyer un mail à roger.romain@skynetblogs.be. Indiquer Otan. Merci !

mercredi, novembre 12, 2008

1n° 14 - Journal des Guerres de l'Otan (18-10 au 11-11) - 1- : Europe – OTAN : Leçons de la guerre par la Géorgie.

 

From: Cathy
Sent: Wednesday, November 12, 2008 12:23 PM
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Subject: n° 14 - Journal des Guerres de l'Otan (18-10 au 11-11) - 1- : Europe – OTAN : Leçons de la guerre par la Géorgie.


                                          Aujourd'hui, face aux ambitions hégémoniques de l'impérialisme, l'information est une arme au service de la paix.

                  Les médias occidentaux dans leur large majorité accepte les versions de l'armée américaine et ferment les oreilles aux autres sources. .  

                                                                      Dénoncer ne suffit plus, il faut expliquer, informer, transmettre! 

                                                                                      Sa diffusion est un acte de résistance.



Journal des Guerres de l'Otan.  

n° 14                                                 18-10 au 11-11

          Par M.Lemaire      

 



 Le " Journal des Guerres de l'Otan " est  visible :

NB : Si vous voulez-me contacter ou obtenir le Journal par mail, une seule adresse : fa032881@skynet.be



Sommaire..

 Tiré à part

Obama va innover avec internet comme Roosevelt avec la radio.

1 Au jour le jour

2 Positions

a) Ossétie 

b) des voisins.

3 Politique 
a) Russe
b) Géorgie

7 Dossier & Point de vue

7-1 Point de vue de Herbert Bix : Europe – OTAN : Leçons De La guerre En Géorgie.

7-2 L'agression géorgienne du 7 août 2008 et la restauration du leadership US.

7-3 Point de vue de George Friedman : Le conflit en Géorgie. 

9 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion

9-1 Claude Beaulieu : Barack Obama ou l'arrivée d'une "nouvelle aurore du leadership américain".

10 Annexe

10-1 Mathieu Verboud: Le complexe militaro-industriel américain veille.

10-2 Qu'est ce qui Risque de se passer le 21et 22 Janvier 2009



Tiré à part :

Obama va innover avec internet comme Roosevelt avec la radio

L'usage extensif d'internet, manié avec brio par Barack Obama pendant sa campagne, promet de révolutionner la communication entre le président et les Américains, comme Franklin Roosevelt l'avait fait avec la radio, estime Simon Rosenberg, président du centre de réflexion New Democrat Network et ancien de la campagne de Bill Clinton en 1992.

Q: En quoi l'utilisation extensive des nouvelles technologies par l'équipe de campagne de Barack Obama a-t-elle révolutionné la communication politique?

R: Le sénateur Obama vient de mener la première véritable campagne politique du 21e siècle, en utilisant les outils fournis par internet pour mobiliser ses partisans. C'est le nouveau champ de bataille de la politique moderne.

Toutes les prochaines campagnes politiques aux Etats-Unis seront basées sur ce modèle qui s'appuie sur internet pour toucher les gens, et leur permet de participer plus activement au processus démocratique. Ces outils ont abaissé la barrière d'entrée à la vie politique, comme en témoigne l'augmentation massive de la participation civique cette année, en termes de donations et de votes.

Q: Comment va se concrétiser cette nouvelle manière de communiquer à la Maison Blanche? Le recours aux nouvelles technologies va-t-il changer les rapports entre le président américain et ses citoyens?

R: Avec l'usage de ces outils modernes, nous allons assister à une formidable réinvention de la présidence: Elle sera plus ouverte, plus transparente.

En outre, il est clair qu'Obama accède à la présidence avec plus d'outils qu'aucun autre président américain pour mobiliser ses partisans autour de son programme.

Le président Franklin Delano Roosevelt (le premier à s'adresser régulièrement à la radio aux citoyens américains) a utilisé très efficacement la radio pour établir son pouvoir.

Aujourd'hui, le président américain s'adresse aux citoyens tous les samedis à la radio. Mais je pense que ce discours sera désormais diffusé sur YouTube, et qu'il sera traduit dans toutes les principales langues du monde, espagnol, français, arabe, farsi....

Le président ne s'adressera plus seulement à ses concitoyens mais à des centaines de millions de citoyens dans le monde. Cela va changer non seulement les rapports entre le président et ses administrés, mais aussi la relation des Etats-Unis avec le monde. Certains gouvernements risquent de ne pas être très enthousiastes...

Q: Ce modèle est-il appelé à faire école dans les autres démocraties à travers le monde?

R: Nous allons assister à une vaste période d'expérimentation, pas seulement aux Etats-Unis, mais dans le monde entier. Tous les dirigeants élus vont vouloir essayer ces outils à leur avantage.

En Grande-Bretagne, David Cameron (chef du parti conservateur) est déjà l'auteur d'extraordinaires vidéos sur YouTube. Et il faut s'attendre à ce que le président français Nicolas Sarkozy expérimente les techniques d'Obama.

Propos recueillis par Daphné BENOIT

10 10

http://fr.news.yahoo.com/2/20081110/ttc-obama-va-innover-avec-internet-comme-0de2eff.html



1) Au jour le jour

"Selon les données préliminaires, l'engin explosif a été actionné par une femme kamikaze à un arrêt d'autobus au centre de Vladikavkaz (capitale de l'Ossétie du Nord)  a fait au moins 11 morts et une quarantaine ont été blessées jeudi à Vladikavkaz, capitale de l'Ossétie du Nord, ont annoncé les autorités locales.", a déclaré le gouvernement nord-ossète dans un communiqué, s'appuyant sur les premiers rapports des forces de l'ordre.

La journaliste de l'AFP a appris de sources hospitalières qu'au moins cinq blessés étaient dans un état grave et qu'une jeune fille était dans un état critique
l'AFP

L'Ossétie du Nord est voisine de la Tchétchénie et de l'Ingouchie, deux autres républiques du Caucase russe

AFP

07 11

http://www.edicom.ch/fr/news/international/

2) Politique
a) Georgie

Saakachvili limoge le chef d'état-major de l'armée.

Le président géorgien, Mikheïl Saakachvili, a limogé mardi le chef d'état-major de l'armée géorgienne, une semaine après s'être séparé de son Premier ministre, a indiqué la télévision publique géorgienne.

M. Saakachvili a déclaré que le nouveau commandant des forces armées géorgiennes devrait faire face à un nombre de problèmes identifiés au cours de la guerre d'août entre la Géorgie et l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie en août.

"Vladimir Tchatchibaïa sera désigné comme le nouveau chef d'état-major. " a déclaré aakachvili

"Je remercie (l'ancien chef d'état-major) Zaza Gogava pour son travail, mais nous avons maintenant à résoudre des problèmes identifiés au cours des événements du mois d'août", a ajouté M. Saakachvili,

Fin octobre, le président géorgien avait limogé le Premier ministre, Lado Gourguénidzé, dont le gouvernement a été critiqué pour sa gestion de la crise russo-géorgienne.

Les forces russes ont riposte à la tentative de Tbilissi de reprendre le contrôle de l'Ossétie du Sud, région séparatiste dès le 8 août.

E Les forces russes ont achevé le 8 octobre leur retrait des zones-tampons adjacentes à l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie, se conformant à l'accord conclu le 8 septembre par les présidents russe et français, Dmitri Medvedev et Nicolas Sarkozy.

AFP

04 10

Plusieurs milliers de manifestants à Tbilissi contre le président géorgien Mikhaïl Saakachvili
Plusieurs milliers de Géorgiens se sont rassemblés vendredi dans la capitale Tbilissi à l'appel de l'opposition, première manifestation d'ampleur contre le président Mikhaïl Saakachvili depuis la guerre contre la russie en août.
Ce rassemblement à l'appel de la coalition Opposition unie intervient un an après une manifestation anti-Saakachvili violemment réprimée par les autorités géorgiennes. Le Parti républicain et les Chrétiens démocrates ne se sont pas associés à la manifestation de vendredi, soulignant la nécessité de l'unité nationale contre la Russie.
Le
s manifestants ont réclamé la démission du président et la tenue d'élections présidentielle et législatives anticipées. L'opposition reproche également à Mikhaïl Saakachvili sa mauvaise gestion du conflit, déclenché par une offensive de Tbilissi pour tenter de reprendre le contrôle de l'Ossétie du Sud, région rebelle pro-russe. Les forces russes sont intervenues rapidement et massivement en Géorgie, mettant l'armée géorgienne en déroute. "L'aventure sanglante de Saakachvili s'est soldée par un échec complet", a déclaré Nestan Kirtadze, un des dirigeants de l'opposition.
(AP_7 novembre, 19h49)
http://fr.news.yahoo.com/3/20081107/twl-georgie-opposition-manifestation-1be00ca.html

 

Géorgie: plus de 10.000 manifestants anti-Saakachvili à Tbilissi

Plus de 10.000 personnes ont manifesté vendredi à Tbilissi à l'appel de l'opposition géorgienne contre le président Mikheïl Saakachvili, confronté à son premier test politique depuis la guerre avec la Russie en août.

Cet événement marquait le premier anniversaire d'une manifestation antigouvernementale violemment réprimée par les autorités, qui avait alors réuni des dizaines de milliers de personnes dans la capitale de cette ex-république soviétique.

Vendredi, de nombreux manifestants ont accusé M. Saakachvili d'avoir mal géré le conflit en août, lorsque les troupes russes sont entrées massivement en territoire géorgien après une tentative de Tbilissi de reprendre par la force le contrôle de sa région rebelle pro-russe d'Ossétie du Sud.

Les forces russes se sont ensuite repliées en Ossétie du Sud et en Abkhazie, autre région géorgienne séparatiste. Moscou a reconnu fin août l'indépendance de ces républiques. Mais de nombreux Géorgiens ont du mal à accepter le renforcement du contrôle russe sur ces deux territoires sécessionnistes.

"En août, les autorités nous ont fait retourner au Moyen Age. Saakachvili a ouvert les portes de la Géorgie aux barbares", a lancé devant la foule l'un des dirigeants de l'opposition, Guiorgui Khaïndrava.

Nombre de participants agitaient des drapeaux aux couleurs de l'opposition.

08 11

AFP

 

Des tracts annonçant une série de manifestations en vue de faire pression sur le gouvernement pour l'organisation d'élections anticipées.

A la veille de la manifestation, une coalition de partis de l'opposition avait distribué des tracts annonçant une série de manifestations et autres événements en vue de faire pression sur le gouvernement pour l'organisation d'élections anticipées au printemps prochain.

Si le pouvoir en place n'a pas annoncé la tenue d'élections anticipées d'ici au 9 avril 2009, date anniversaire de la répression sanglante en 1989 d'une manifestation par le régime soviétique qui avait fait 20 morts, l'opposition commencera une manifestation "permanente, 24 heures sur 24", a-t-elle averti dans sur ces tracts.

En novembre 2007, des dizaines de milliers de Géorgiens étaient descendus dans la rue, poussant M. Saakachvili à convoquer une élection présidentielle anticipée après la dispersion violente d'une manifestation d'opposants par la police anti-émeutes et la proclamation de l'état d'urgence, maintenu pendant neuf jours.

M. Saakachvili avait remporté en janvier la présidentielle anticipée au premier tour et son parti, le Mouvement national unifié, avait largement gagné les législatives quelques mois plus tard.

08 11

AFP 

Des rapports d'observateurs mettant en doute la version de Tbilissi.

Le New York Times a publié vendredi des rapports d'observateurs mettant en doute la version de Tbilissi selon laquelle le conflit en Ossétie du Sud a éclaté lorsque la Géorgie a dû répliquer à des attaques de forces ossètes et de troupes russes, rapporte vendredi le New York Times.

Ces observateurs militaires étaient présents dans le cadre d'un mandat de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

Dans leurs rapports, il apparaît au contraire que les forces armées géorgiennes ont déclenché délibérément dans la nuit du 7 au 8 août, sans offensive russe préalable, des tirs indiscriminés d'artillerie lourde et de missiles lourds sur Tsinkhvali, la capitale de l'Ossétie du Sud.

"Nous lançons une nouvelle vague de protestations" en vue d'obtenir l'organisation d'élections législatives et présidentielle au printemps prochain, a déclaré à des journalistes un autre dirigeant de l'opposition, Levan Gatchetchiladzé.

La gestion du conflit russo-géorgien était très critiquée aussi parmi la foule. "Ce qui s'est passé en août est de la faute du gouvernement", a affirmé un manifestant, David Kirvalidzé, estimant que le régime de M. Saakachvili, en agissant de manière irréfléchie, avait "aidé la Russie. Il faut changer ce gouvernement", a-t-il dit.

Un autre manifestant a également insisté sur la nécessité d'élections anticipées: "Je suis venu manifester parce qu'il n'y a pas de justice en Géorgie. Les droits de l'homme ne sont pas respectés. Il faut des élections anticipées", a déclaré à l'AFP Valeri Koutsia, un policier à la retraite.

08 11
AFP

 

Tbilissi regrette que Sarkozy veuille déjà relancer les liens Russie-UE.

"Je crois profondément que ce n'est peut-être pas le moment pour le faire (car) pour l'heure, la Russie viole de manière flagrante l'accord de cessez-le-feu" signé en août entre Moscou et Tbilissi sous l'égide de l'UE, a déclaré Eka Tkechelachvili, en déplacement à Paris, à des journalistes.

"Pour être franche, je ne comprends pas vraiment certaines des déclarations faites hier (vendredi, ndlr) à Bruxelles par le président Sarkozy, qui a dit que l'accord de cessez-le-feu était respecté par la Russie, et qu'il n'y avait donc aucun problème pour reprendre les négociations" sur le partenariat renforcé avec l'UE, a-t-elle ajouté.

"Nous pouvons dire franchement que (l'accord) n'est pas respecté" par Moscou, a insisté Mme Tkechelachvili.

Vendredi lors d'un sommet européen à Bruxelles, Nicolas Sarkozy a plaidé pour la reprise des négociations européennes sur un partenariat renforcé avec Moscou, suspendues en septembre pour contraindre l'armée russe au retrait. Il a estimé, malgré les objections de pays comme la Lituanie et la Pologne, que la Russie remplissait globalement ses engagements en Géorgie.

"La décision du Conseil européen du 1er septembre (sur la suspension des négociations de partenariat renforcé, ndlr) dit clairement que les négociations ne seront pas relancées tant que la Russie ne se sera pas retirée aux lignes antérieures au 7 août (début du conflit, ndlr) en termes de présence militaire", a rappelé Mme Tkechelachvili.

Or, "la Russie ne s'est retirée d'aucun des lieux d'où elle devait se retirer", a-t-elle souligné, citant la vallée de Kodori, aux portes de l'Abkhazie, et la localité d'Akhalgori, au sud-est de l'Ossétie du Sud.

Egalement en question, "la quantité de forces que la Russie a" dans les territoires séparatistes d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie.

"Ce sont des milliers d'hommes, bien plus que ce qu'ils n'ont jamais eu dans ces régions", où la Russie participait avant le conflit à des forces de maintien de la paix, a-t-elle souligné.

"Si cela (le retrait) ne se produit pas et si nous avons toujours des milliers de soldats russes dans notre pays - et Akhalgori est à environ 40 kilomètres de la capitale géorgienne -, comment peut-on parler de paix et de stabilité ?", s'est-elle interrogée.

"Toute cette politique et cette attitude agressive, en particulier l'attaque contre les Etats-Unis au lendemain de l'élection américaine, est une manifestation claire que rien n'a changé dans les esprits en Russie", a-t-elle estimé.

Le président russe Dmitri Medvedev a lancé mecredi dans un discours à la nation une attaque en règle contre les Etats-Unis, les accusant d'avoir provoqué le conflit en Géorgie et menaçant d'installer de nouveaux missiles à Kaliningrad, aux portes de l'Europe.

La ministre géorgienne s'est pour sa part dite "confiante" dans la poursuite du soutien américain à son pays de la part du président élu Barack Obama.

"Je n'attend aucun changement" dans ce domaine, a-t-elle dit, soulignant que Tbilissi était "déjà en contact" avec l'équipe du nouveau président démocrate.

AFP

Samedi 8 novembre,


b) Russie 

La Russie refuse l'envoi des observateurs de l'UE en Abkhazie et en Ossétie.

La Russie continue à s'opposer à l'envoi des observateurs européens dans les régions séparatistes géorgiennes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud, estimant que les forces russes y assurent la sécurité, a déclaré mardi le chef de la diplomatie russe.

"En ce qui concerne les observateurs de l'Union européenne (UE), nous estimons qu'il est nécessaire de respecter le plan Medvedev-Sarkozy, dans lequel il est écrit qu'ils sont déployés dans les zones adjacentes à l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie, ce qui est le cas actuellement", a souligné Sergueï Lavrov, lors d'une conférence de presse.

"En ce qui concerne la sécurité en Ossétie du Sud et en Abkhazie, après leur reconnaissance par la Russie, elle est assurée par la présence sur ces territoires des contingents militaires russes, à la demande des dirigeants de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie", a-t-il ajouté.

M. Lavrov a fait ces déclarations à l'issue d'entretiens avec le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, dont le pays préside actuellement l'UE, et le diplomate en chef de l'UE, Javier Solana à Saint-Pétersbourg (nord-ouest de la Russie).

Les forces russes sont entrées en Géorgie le 8 août pour repousser une tentative de Tbilissi de reprendre par la force le contrôle de l'Ossétie du Sud.

Aux termes d'un cessez-le-feu conclu sous l'égide de l'UE, les soldats russes se sont retirés à l'intérieur des deux régions séparatistes, dont Moscou a reconnu fin août l'indépendance.

Une mission de l'UE patrouille aux abords de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie pour surveiller le respect du cessez-le-feu, mais n'a pas obtenu des autorités séparatistes et de Moscou de pouvoir entrer dans ces deux régions.

Le président de la province séparatiste d'Abkhazie, Sergueï Bagapch, a accusé mardi les observateurs de l'Union européenne d'être "incapables" d'assurer la sécurité dans la région, où la situation reste tendue, après le retrait des forces russes.

M. Kouchner a déploré ces critiques, estimant que ces observateurs "non armés" assument "au mieux leurs fonctions dans un environnement difficile sinon hostile".

AFP

28 octobre,



7  Dossiers

Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information

 

7-1 Point de vue de  Herbert Bix :  Europe – OTAN : Leçons de la guerre.

La guerre russo georgienne de cinq jours dans le Caucase a mis en lumière de nombreux conflits enracinés dans l'histoire de la région et les politiques agressives des US/OTAN depuis l'effondrement de l'Union Soviétique.

Parmi celles ci, l'évidente politique d'encerclement de la Russie et les tentatives de contrôler les ressources énergétiques dans des régions au préalable dominées par l'Union Soviétique.

L'effet net de ce conflit a été d'ouvrir une nouvelle ère dangereuse de rivalité entre les deux états nucléaires les plus puissants, une ère qui sera également modelée par l'actuelle récession économique mondiale et les changements que cela va apporter dans les pratiques économiques de tous les états.

L'utilisation par l'ancien président US, Bill Clinton de la force au Kosovo en 1999 a joué un rôle crucial pour accélerer la dégradation de la situation. A l'époque, les US ont rejeté le droit international et la primauté du Conseil de Sécurité, Clinton justifiant la guerre comme un moyen d'établir un ordre international plus humain. Chaque mort de civil qui en a résulté est devenue un "dommage collatéral non intentionel", moralement justifiable parce que l'objectif était noble.

En substituant un droit quasi légal moral d'intervention humanitaire à des principes établis depuis longtemps de souveraineté nationale et de respect de l'intégrité du territoire, l'agression des US/OTAN contre la Serbie a préparé le terrain pour des interventions unilatérales du Président US, G.W. Bush.

Actuellement, embourbé dans des guerres illégales en Afghanistan et en Irak, le gouvernement US semble soudain avoir redécouvert l'utilité des normes du droit international qu'il avait défié au Kosovo. Mais il a invoqué de manière selective le principe de souveraienté nationale, attaquant la Russie pour son intervention en Georgie tandis qu'il envoyait ses propres forcers armées et son aviation mener des opérations transfrontalières au Pakistan.

En quête d'une domination totale
La recherche de causes dans le conflit en Georgie a projeté sur le devant de la scène la quête américaine d'une dominance mondiale militaire ne pouvant être remise en cause et qui exige du Pentagone qu'il installe des bases militaires à des endroits stratégiques partout dans le monde, et que le Congrès vote des budgets militaires de plus en plus énormes.

En 2002, Bush a adopté la stratégie du Pentagone, qui a d'abord été formulée par Dick Cheney et Paul Wolfowitz une décennie plus tôt. Elle projetait de faire des US la seule et unique superpuissance, dissuadant ses ennemis de même que ses alliés, d'aspirer seulement à une domination régionale. Quand, poursuivant leur but ultime, les US ont poussé l'OTAN encore plus vers l'Est vers les frontières de la Russie tout en deversant argent et armes en Georgie et en formant l'armée Georgienne, ils ont tracé la voie de la guerre du mois d'Août dernier.

Ou, plus précisément, la guerre russo georgienne est apparue comme une guerre de proxy faisant partie d' un affrontement US/OTAN contre le nationalisme russe. Les forces russes ont déjoué les provocations armées de la Georgie et ont défié les politiques de l'Amérique et de l'OTAN sur les territoires frontaliers.

Une autre tendance dérangeante mise en avant par la guerre c'est l'accroissement de la compétition acharnée entre les entreprises US et russes pour contrôler les ressources en pétrole et en gaz en Mer Caspienne et en Asie Centrale. Les peuples gerogiens, ossétes, azerbaidjis, et kasakhs et d'autres peuples à l'Est de la Mer Caspienne sont des proies sans défense dans cette bataille continuelle, qui affecte leurs conflits territoriaux et ethniques d'une manière qu'ils ne peuvent pas contrôler.

La lutte pour le pétrole et le gaz a conduit le Commandement Central US, originellement établi pour s'occuper de l'Iran, à étendre ses opérations du Moyen Orient jusqu'aux Etats riches en pétrole et en gaz d'Asie Centrale et de la Mer Caspienne, tels que le Turkmenistan, le Kazakhstan, le Tajikistan et l'Uzbekistan, soulignant les motifs géopolitiques derrière les guerres d'Afghanistan et d'Irak, et maintenant celle russo georgienne.

Quand le premier ministre russe, Vladimir Poutine, et le Président Dmitri Medvedev ont donné l'ordre aux forces russes de pénétrer en Ossétie du Sud et de franchir la frontière pour entrer en Georgie, ils ont violé la Charte de l'ONU. Leur justification initiale - la defense du droit à l'auto determination des Ossétes - était tout aussi arbitraire que celle des US et de l'OTAN pour attaquer le Kosovo et la Serbie, où, contrairement au cas de la Russie, leur droit à l'auto défense n'a jamais été impliqué. (La justification initiale des Russes cela a été le massacre des Ossètes par Saakashvili dont un grand nombre sont également russes, de même que celui des gardiens de la paix russes stationnés en Ossétie du Sud ndlt).

Donc, en répondant unilatéralement à une menace réelle qui s'etait effectivement matérialisée, la Russie a-t-elle commis un acte d'agression ? Ni le Conseil de Sécurité de l'ONU ni l'Assemblée Générale n'ont pu le déterminer légalement. Même s'ils l'avaient fait, la Russie n'aurait pas pris au sérieux l'accusation d'agression des US/OTAN qui aurait simplement servi à montrer le deux poids deux mesures flagrant de ses accusateurs.

Pendant la guerre, les troupes terrestres georgiennes, leurs tanks et certaines milices de l'Ossétie du Sud ont délibéremment ciblé des civils , commis des actes de nettoyage ethnique et détruit sans discernement des biens civils à Taskhinvali la capitale d'Ossétie du Sud et dans des villages sur la frontière entre l'Ossétie du Sud et le territoire même de la Georgie.

Le
spécialiste en droit, Richard Falk, a affirmé que la Russie a également ciblé "plusieurs villages peuplés de Georgiens dans la région". Si tel est le cas, il y a peu de preuve que la Russie soit responsable d'une opération de nettoyage ethnique. Si les Russes ont commis des crimes de guerre, ils sont bien pales comparativement à ceux commis chaque jour par les US et leurs alliés contre les civils irakiens et afghans. Mais, comme le dit Falk, on devrait enquêter sur toutes ces accusations quelque soit l'ampleur des crimes supposés commis.

La crise dans le Caucase met en évidence l'état d'esprit étroit nationaliste des décideurs politiques occidentaux, et de leurs opinions publiques. Des mouvements séparatistes existent dans de nombreux états satellites multiethniques de l'ancienne Union Soviétique, où les Russes sont en minorité. Les dirigeants politiques US et de l'OTAN et les néo conservateurs se sont empressés de les exploiter.

Mais une fois que les tanks russes et les forces terrestres sont entrées en Georgie, mettant fin rapidement à l'encerclement par l'OTAN et exposant les limites de la puissance militaire américaine, les médias occidentaux de masse ont immédiatement déversé leur venin sur la "brutalité de la Russie" tout en ignorant premièrement le rôle joué par la Georgie dans le déclenchement du conflit, et deuxièmement le soutien militaire des US et d'Israël à la Georgie.

Le
Président Saakashvili leur a facilité la tâche pour couvrir la guerre en faisant appel à une société de relations publiques européenne, Aspect Consulting, qui a envoyé un haut responsable disséminer des mensonges quotidiennement, voire d'heure en heure, sur les Russes mettant tout à sac et attaquant les civils georgiens.

Les journalistes américains (cela vaut aussi pour les journalistes français que ce soit ceux du Monde, du Figaro, de Libération, pour ne citer qu'eux ndlt) ont entretenu le sentiment russophobe en répandant des informations biaisées, diabolisant la Russie en la présentant comme agresseur diabolique tout en présentant la Georgie comme "démocratique et amoureuse de la paix". Le Magazine d'affaires américain Fortune a critiqué la "brutalité" de l'ours russe et la menace qu'il représentait pour un monde interdépendant; Forbes a qualifié la Russie "d' état gangster" dirigé par une "kleptocratie".

Les présentateurs de TV ont comparé la Fédération Russe à l'Allemagne nazie au moment de la crise de Munich. La secrétaire d'état Condoleezza Rice a même affirmé que l'Amérique avait un droit moral à sermoner la Russie pour lui espliquer comment un "pays civilisé" doit se conduire au XXIème siècle. Ce qui a poussé l'ancien président russe, Poutine a faire ce commentaire sarcastique : " j'ai été surpris de la puissance de la machine de propagande occidentale... Je félicite tous ceux qui ont été impliqués.C'était un boulot magnifique. Mais le résultat est mauvais, et sera toujours mauvais car c'était un travail malhonnête et immoral."

La guerre
Tout ce qui concerne la guerre russo georgienne est pratiquement contesté, spécialement la question de qui l'a déclanchée. Mais de nombreuses preuves publiées contredisent la propagande georgienne et indiquent que Saakashvili a provoqué la guerre avec les encouragements et le soutien matériel de l'Administration Bush.

Un an plus tôt, le régime de Saakashvili avaient établi des plans d'invasion de l'Ossétie du Sud, qui depuis 1920 a cherché en permanence à obtenir son indépendance. Il a été encouragé à concrétiser ces plans - pendant les jeux olympiques d'état de Beijiing - parce qu'il s'attendait à recevoir de l'aide américaine et des allliés de l'OTAN, dont il a soutenu les guerres en Afghanistan et en Irak en envoyant 2000 soldats georgiens.

Les observateurs de l'OCDE (Organisation pour la Coopération et le Développement en Europe) stationnés en Ossétie du Sud ont rapporté que les forces georgiennes ont effectué les premiers tirs "peu avant minuit le 7 août". Avant cela des avions russes avaient occasionnellement pénétré l'espace aérien georgien. il y avait eu des accrochages mineurs entre les Ossétes du Sud et les Georgiens, et des drones espions georgiens avaient survolés l'Abkazie qui a d'importants ports sur la Baltique.

Ces
actions n'ont pas déclanché la guerre. Ce qui l'a déclanché ce sont les bombardements tard dans la nuit et l'offensive terrestre ordonnés par Saakshvili, au cours desquels l'armée georgienne entraînée par les US et ( dans une moindre mesure) les israéliens ont utilisé des roquettes, l'artillerie lourde et des bombes à fragmentation fournies par Israël, pour attaquer Tskhinvali (et sa population civile ossète désarmée ndlt) et tuer des soldats russes.

Difficile d'évaluer le chiffre des morts et les destructions physiques engendrées par les bombardements georgiens et les assauts terrestres, qui visaient non seulement les Russes et les Ossètes mais aussi les congénéres Georgiens vivant en Ossétie du Sud. Les responsables russes ont initialement affirmé que l'attaque georgienne avaient tué environ 2000 Ossètes du Sud qui étaient citoyens russes.Plus tard dans le Financial Times de Londres les chiffres ont été revus à la baisse suggérant que l'assaut avait fait au moins 133 morts civils ossètes et 59 morts parmi les forces de maintien de la paix russe. dans le même article on estimait à 146 le nombre de soldats georgiens tués et 69 le nombre de civils georgiens morts lors de l'invasion et du bombardement russe qui a suivi. ( Les medias occidentaux ont repris à leur compte les chiffres avancés par Saakashvili, mais pour l'heure on ne sait toujours pas combien d'Ossètes du Sud sont morts car la plupart ont été enterrés par leurs proches dans les jardins et cours. Cet article ne cite pas non plus le nombre de soldats russes tués au combat en plus des gardiens de la paix et qui se chiffre par dizaines ndlt). On doit aussi comptabiliser comme victimes de la guerre les quelque 30 00 Ossètes qui ont fui vers l'Ossétie du Nord, plus les Georgiens vivant en Abkazie et en Ossétie du Sud qui ont été obligés de quitter leurs maisons.

Le 9 octobre lors de la conference de politique mondiale à Evian, en France, Medvedev a annoncé que la Russie avait evacué les zones tampons en Georgie un jour avant la date limite prévue telle que c'était spécifié dans les accords de cessez le feu. Pour cela il a été félicité par le Président français Nicolas Sarkozy qui, pour la première fois, a publiquement réprimendé la Georgie pour son " agression".

Mais les tensions entre la Russie et l' Europe vont certainement continuer tant que les Etats Unis persistent à soutenir la Georgie et l'Ukraine dans leurs revendications nationales, tandis que les tensions subsistent entre les forces georgiennes, les soldats ossètes et les soldats de maintien de la paix russes.

Cependant, un nouveau chapitre dans le conflit entre l'OTAN et la Russie s'est définitivement ouvert, dont le discours de Medvedev aux dirigeants européens fait état. il a réaffirmé que la Russie n'était "absolument pas intéréssée par une confrontation" et les a appelé à créer "un nouveau réseau de sécurité mondial pour defier la détermination des US a vouloir asseoir leur domination mondiale".

Pendant ce temps, le peuple russe a perdu ce qui lui restait d'illusion concernant l'Occident, et les dirigeants russes doivent maintenant se préoccuper de zones de conflits ethniques pouvant s'étendre du Nord du Caucase via la Mer Noire jusqu'à l'Asie Centrale et au delà, remettant en lumière d'autres points chauds éventuels tels que celui du Nagomo Karabakh en Afghanistan et celui du Yakutia en Extrème Orient.

Derrière la guerre
Les conflits de la Russie avec les peuples non russes du Caucase remontent à des siècles, mais les développements qui ont conduit directement à la guere russo georgienne démarrent avec l'effondrement de l'Union Soviétique. Celui ci a crée une euphorie parmi les élites américaines et européennes. Beaucoup parmi elles ont pensé que maintenant ils pourraient refaçonner l'Europe sans avoir à prendre en compte les préférences du géant russe sur son pas de porte. Tout en admettant la Russie comme membre à part entière du FMI et de la Banque Mondiale, et lui octroyant des prêts d'argent, ils ont rapidement élaboré une nouvelle mission offensive pour l'OTAN.

La Russie a plongé dans un déclin à multiple volets et adopté une attitude de prostration. Elle a abandonné sa position dominante sur les côtes de la Mer Baltique et de la Mer Noire. L'Azerbaidjian, l'Arménie, et les 5 ex républiques du Kazakhstan, du Kyrgyzstan, du Tajikistan, du Turkmenistan et de l'Uzbekistan ont émergé comme états indépendants, avides d'attirer les investrissements occidentaux, et certains même prêts à accepter sur leur territoire des bases américaines. La Crimée, où est stationnée la flotte russe de la Mer Noire, fait partie de l'Ukraine qui a proclamé son indépendance en 1991, et qui, peu de temps après, a exprimé son désir de faire partie de l'OTAN. La Pologne a rejoint l'OTAN et l'Union Européenne en 1996.

Une fois que l'Europe de l'Est s'est ouverte entièrement à l'interventionisme économique occidental , la Russie ne pouvait pas faire grand chose pour éviter que les élites régionales cherchent à s'intégrer à l'Empire US.

Economiquement, la Russie était en proie à de sérieuses difficultés. Sous la présidence de Boris Yeltsine, elle avait choisi de passer rapidement d'une dépendance complète à une gestion centralisée à une économie de marché capitaliste. Son immense économie s'est alors contractée. Ses forces armées et sa flotte sont devenues vetustes. Des difficultés sociales de toutes natures se sont amplifiées. De nombreux russes ont fait l'expérience de sévères difficultés économiques tandis qu'une poignée ont saisi l'occasion pour acheter des entreprises d'état en s'enrichissant ultra rapidement devenant ainsi la nouvelle élite de la Russie.

L'époque
de la redistribution rapide des richesses économiques, de l'humiliation nationale et de la désintégration sociale a duré environ 8 ans. Dés 1999, grâce à une croissance économique rapide, de nouvelles attentes ont vu le jour. La Russie a rapidement payé ses dettes. Mais elle n'a pas pu cependant se remettre de son énorme déclin démographique.N'étant plus une superpuissance militaire, ses dirigeants l'ont perçu comme un état nation ayant des problèmes spéciaux de sécurité car elle s'étendait de l'Euraésie à la Mer Baltique et à la Côte Pacifique, partageant des frontières avec 14 autres états, et avait une capacité nucléaire. Les années qui ont suivi, la Russie a repris confiance en elle- même, et son économie de marché florissant lui a permis de réapparaître sur la scène internationale comme un important pays exportateur d'energie vers l'Europe.

En Georgie, des manifestations populaires ont fait tomber le gouvernement en 2004. Dénommée "Révolution Rose". Ce changement politique a été financé pour partie par la National Endownment Democraty ( une organisation US semi gouvernementale, une relique de la Guerre Froide de l'épqoue Reagan), et l'investisseur milliardaire et activiste politique George Soros. La propagande américaine a rapidement transformé cet état autocrate en une Georgie devenue la "crème de la Liberté", une "Démocratie" avec une "économie de marché" lui permettant d'être soutenue pour intégrer l'OTAN malgré ses conflits ethniques en cours en Abkasie et en Ossétie du Sud.

Les Américains, par le biais de leurs organisations faisant la "promotion de la démocratie", ont joué un rôle similaire en finançant la "Révolution Orange" en Ukraine. D'abord ils ont aidé l'ascension de Viktor Yushchentko , un anti russe, à la présidence d'un pays politiquement divisé, dont moins de la moitié de la population penche pour l'Occident, puis ils ont soutenu le droit de l'Ukraine à postuler pour devenir membre de l'OTAN.

Pendant plus d'une decennie, les dirigeants russes ont fait des objections répétées contre les efforts des US de transformer leurs états voisins en états clients. Mais reconnaissant leur propre faiblesse nationale et l'interdépendance croissante des nations, les dirigeants russes savaient que leurs options étaient limitées. Cependant, comme les dirigeants américains poursuivaient leur quête de domination militaire mondiale, et comme avec les dirigeants européens ils poussaient l'OTAN de plus en plus près des frontières russes, la direction de Moscou a compris qu'elle avait fait trop de concessions sur des intérêts de sécurité vitaux pour garder les faveurs de Washington. Jusqu'à quel point les qualités de la direction nationale et le droit international pouvaient -ils garantir les frontières de la Russie ? Ou fallait-il empêcher la Georgie de devenir "l'Israël du Caucase" ?

Conséquences
Les retombées de la guerre se sont faites sentir d'abord dans les régions de la Mer Caspienne et de la Mer Noire. L'Azerbaijian qui depuis 1994 avait autorisé des entreprises occidentales à développer ses ressources en gaz et pétrole, a décidé de baisser sa dépendance au pipeline trans Caucase allant de son port de Bakou à la Georgie, et a augmenté de manière permanente quoique faible ses livraisons de pétrole via la Russie et l'Iran. " Nous ne voulons insulter personne, mais ce n'est pas bon d'avoir tous ses oeufs dans le même panier, spécialement quand le panier est très fragile" a dit le vice président de la compagnie pétrolière d'état de l' Azerbaijian. La réaction du Kazakhstan a été de démarrer des discussions avec Moscou sur de "nouveaux pipelines d'exportation vers la Russie" maintenant que l'acheminement par la Georgie était devenu moins sûr.

La Georgie, qui a de la valeur pour les Etats Unis principalement à cause du contrôle des pipelines de gaz et pétrole de l'Azerbaijian et de l'Asie Centrale, et qu'Israël a soutenu comme un marché pour ses ventes d'armes et dans l'espoir d'obtenir l'utilisation de bases aériennes à partir desquelles ils pouvaient attaquer l'Iran, a perdu ses petites enclaves autonomes. Bien que son homme fort impétueux, Saakashvili, ait redoublé ses efforts pour obtenir le statut d'état membre de l'OTAN et une assistance économique et militaire de l'Occident, ni l'UE ni l'OTAN ne sont disposés à accepter la Georgie dans le future proche, encore moins autoriser Saakshvili à les manipuler. La défaite retentissante de la Georgie a diminué l'importance de ses pipelines.

La Russie a montré au monde qu'elle répandrait le sang pour empêcher que de futures menaces à sa sécurité ne se développent sur ses propres frontières, bien qu'elle ne ménerait pas des guerres de niveau génocidaire pour contrôler le pétrole étranger, comme l'ont fait les Etats Unis en Irak. La Russie a démontré qu'elle pouvait à tout moment mettre fin au statut de corridor d'energie sécurisé de la Georgie par le biais duquel le pétrole est transporté en Occident via la Turquie. En même temps, Poutine s'est efforcé de réitérer des vérités que lui-même et d 'autres dirigeants soviétiques ont répété à Washington depuis des années : principalement qu'il n'y avait pas besoin d'une confrontation et certainement " aucune base pour une guerre froide" ou " pour une animosité mutuelle". Poutine a insisté sur le fait que la "Russie n'avait aucune ambition impérialiste".

Effectivement, les objectifs de la Russie étaient trés limités. Pendant pratiquement deux décennies, elle a essayé sans succès de faire en sorte que les Etats Unis et l'UE reconnaissent ses besoins en matière de sécurité nationale et construisent un véritable partenariat. L'Ossétie du Sud qui a longtemps été pro Moscou, ne voulait pas être intégrée à la Russie, alors que l'Abkazie le voulait. Mais la Russie n'avait pas l'intention d'annexer ces régions et de s'exposer à l'accusation d'expansionisme territorial.

Le réponse de la Russie au précédent crée par le Kosovo, était de reconnaître formellement, de facto, l'indépendance et de signer des traités d'amitié avec le dirigeant d'Ossétie du Sud, Edouard Kokoity, et celui d'Abkazie, Sergei Bagapsh. Les traités inclus un engagement à les défendre en stationnant des troupes dans chaque région et en y construisant des bases militaires. Lors de la signature, Medvedev a réaffirmé que "nous ne pouvons pas voir les démarches visant à intensifier les relations entre l'OTAN et la Georgie autrement que comme un encouragement à de nouvelles aventures".

Mais la campagne militaire georgienne a-t-elle accru la sécurité de la Russie contre la menace d'une attaque nucléaire ? A-t-elle rompu l'encerclement construit par les US et l'OTAN ? L'agresseur georgien a été facilement " mis KO par un coup de poing dans la figure" ( selon les propres termes de Poutine)

Pourtant, quand ils analysent la politique des l'US/OTAN, les dirigeants de la Russie voient qu'ils n'ont pas stoppé l'expansion de l'OTAN vers l'Est et l'installation de systèmes anti missiles balistiques US en Pologne. La menace de développement d'une course aux armements par les US à travers le Caucase et en Europe en général, reste d'actualité.

Les ministes de la défense de l'OTAN, considérant la situation sous l'angle confrontationnel, ont étudié des plans de création d'une force militaire "d'intervention rapide". L'annonce par Medvedev le 26 Septembre que la Russie allait construire un "système sûr de dissuasion nucléaire"- dont la mise en place se ferait en 2020 - devrait être interprétée comme une réponse à la guerre de Georgie et l'encerclement occidental, quoique la planification ait précédé la crise. Alors même que les dirigeants russes ont besoin d'investir pour moderniser les infrastructures et améliorer les conditions de vie du peuple russe, ils sont obligés d'affronter les efforts déterminés des dirigeants US et de l'UE pour les entourer de bases militaires et de missiles nucléaires.

La Russie ne peut ignorer les menaces d'isolation économique et diplomatique à l'encontre des Ossètes du Sud et des Abkazes. Leur incapacité à obtenir une reconnaissance internationale sera un frein à leur prospérité, tandis que la Georgie bénéficie déjà d'un prêt du FMI, et de nouvelles promesses d'aide de la part de l'UE et des US. Voir la Georgie montrée comme un état exemplaire tandis que l'Ossétie et l'Abkazie vont se morfondre, cela ne peut que détériorer l'image de la Russie en Occident.

La Russie, en défendant ses frontières d'une véritable menace sécuritaire a souffert, partiellement à cause de ses propres actions, d'un revers auprés de l'opinion publique internationale. Seul le petit état du Nicaragua l'a soutenue en reconnaissant formellement les deux républiques séparatistes. Les grandes puissances occidentales ont refusé d'accepter la validité des changements frontaliers découlant de la guerre. L'Ossétie du Sud et l'Abkazie possédent de fait les critères pour avoir le statut d'état, mais ils n'ont pas les critères politiques de reconnaisance imposés par les US et l'UE.

Le consensus des dirigeants des US et de l'OTAN s'était qu'ils manquent d'indépendance réelle vis à vis du contrôle de la Russie et qu'ils ne respectaient pas les droits de leurs minorités, comme si les Kosovars Albanais dans la nouvelle colonie de l'Europe respectaient les droits des minorités serbes et roms. On ne peut que constater l'hypocrisie flagrante de l'attitude des US/OTAN en ce qui concerne les états crées suite au démantelement de l'ancienne Yougoslavie.

D'un autre côté, la position de la Russie, qui affirme que la Georgie a perdu ses droits sur ces territoires en commettant des abus contre les Ossètes et les Abkazes, est également hypocrite compte tenu de la repression brutale par Poutine contre le mouvement séparatiste tchéchène. Cela peut aussi apparaître aux yeux des Serbes comme à double tranchant puisque la reconnaissance des deux nouveaux états dans le Caucase semble violer le principe d'intégrité territoriale, sapant ainsi l'opposition morale de la Russie au précédent du Kosovo.

Réponse confrontationnelle
Ce qui pourrait être l'un des plus grands dangers de la guerre russo georgienne c'est la façon dictatoriale confrontationnelle avec laquelle l'Administration Bush et les politiciens américains ont répondu. alors que les US sont enfermés dans une "guerre contre le terrorisme" d'auto défaite, qu'il sont militairement limite et affaiblis par une crise économique mondiale qui s'amplifie., ils persistent à vouloir étendre leur sphère dinfluence jusque dans la région de la Mer Noire.

L'Administration Bush veut s'accrocher à la Georgie comme "route de transport de l'energie" et une base à partir de laquelle ils peuvent assurer leurs interêts dans la région eurasienne. Ils refusent de voir que la Georgie a une dispute territoriale enracinée historiquement et ils continuent à encourager la Georgie et l'Ukraine dans leur tentative pour devenir membre de l'OTAN.

Les candidats à la présidentielle, le Sénateur Républician John McCain, et le Sénateur Démocrate, Barak Obama, ont publiquement endossé la confrontation de Bush avec la Russie, et aucun des deux n'offre une critique de principe de la politique étrangère US. En fait, ils semblent vouloir comme Bush agir pour maintenir la "Russie enlisée dans le Caucase pour saper la capacité de la Russie à jouer un rôle prépondérant sur la scène internationale".

Les principaux gouvernements européens, d'un autre côté, ont une approche un peut plus saine seulement parce qu'ils dépendent de l'approvisionnement en ressources énergétiques de la Russie et sont moins unis dans leurs politiques étrangères et domestiques. Mais ils sont profondemment divisés sur la façon de traiter Moscou, seule l'Allemagne semble disposée à continuer d'approfondir les relations amicales avec la Russie.

Ironiquement
, la Russie reste pour le moment un "partenaire stratégique" pour les US. Les US ont besoin de sa coopération permanente pour ce qui concerne l'Afghanistan, et pour l'Iran, l'Irak et la Corée du Nord. Poutine et Medvedev ne refusent pas que les approvisionnements non militaires de l'armée US pour leurs troupes en Afghanistan et celles de l'OTAN transitent par le territoire russe, bien que cette option soit à leur disposition. Mais ils ont affaibli les sanctions US à l'ONU contre l'Iran, contre lequel l'Administration Bush méne une guerre économique et clandestine.

La Russie veut également vendre des armes à l'Iran et y achève la construction du réacteur de la centrale nucléaire de Bushehr. En juillet, la Russie a renforcé ses liens pétroliers avec l'Iran par un accord de coopération, le géant pétrolier d'état russe Gazprom signant un contrat pour développer des champs pétroliers et gaziers en Iran. Il a également récemment conclu la même chose avec le Kazakhstan et l'Uzbekistan.

En bref, quand il s'agit de faire face à des actions hostiles des US/OTAN en Iran, Irak, Afghanistan et spécialement dans sa " zone étrangère de proximité", la Russie a de son côté la géographie de même que de nombreuses options diplomatiques.

Les futurs dirigeants américains ont besoin d'une nouvelle approche vis à vis de la Russie et du reste du monde. Alors qu'ils étudient la manière de reconstruire sur la scène intérieure et cherchent à regagner la confiance à l'étranger, ils devraient agir avec Moscou sur tous les aspects de leur relation. Le prochain président devrait s'efforcer de construire un nouveau système de sécurité mondial et d'agir dans le sens d'un désarmement nucléaire.Cela va demander néanmoins de répudier toutes les stratégies US de sécurité nationale passées, basées sur l'idée que l'Amérique a un devoir divin de jouer le gendarme du monde et de s'ingérer

Herbert Bix

22/10/08

www.atimes.com
Traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org
Herbert Bix contribue régulièrment à Foreign Policy in Focus. Il est l'auteur de Hirohito and the Making of Modern Japan (HarperCollins), qui lui a valu de recevoir le prixPulitzer . Il enseigne à l'Université de Binghamton, New York, et écrit sur les sujets de guerre et empire.

http://www.planetenonviolence.org/Lecons-De-La-guerre-En-Georgie_a1709.html?preaction=nl&id=8073564&idnl=40739&


7-2 L'agression géorgienne du 7 août 2008 et la restauration du leadership US.

Le site WSWS.org, commentant un article du New Yoek Times du 7 novembre, expose le 8 novembre des développements intéressants concernant la crise géorgienne d'août dernier. Ces développements peuvent également concerner les relations des USA avec la Russie, avec l'arrivée de l'administration Obama.

Au départ, il y a un rapport de l'OSCE, objet de l'article du NYT, qui conclut à la responsabilité complète de la Géorgie dans le conflit du 7 août dernier. Ironie sympathique, un qualificatif employé par la catéchisme américaniste, et d'ailleurs repris par les obligeants Européens, pour caractériser la "riposte" russe dans cette crise ("disproportionné", ou "disproportionate"), est employé dans ce cas pour caractériser l'agression de là Géorgie. Le NYT épouse complètement les conclusions du rapport de l'OSCE, dans cet article placé pour qu'il soit vu et lu, en première page du quotidien.

WSWS.org présente cette affaire.

«The New York Times on Friday carried a front-page article headlined "Accounts Undercut Claims by Georgia on Russia War." The article cited a report by the Organization for Security and Cooperation in Europe (OSCE), a multinational association of 56 member states whose monitors were in Georgia when the fighting broke out, which demolishes the official US account of the August 2008 Russian-Georgian war, according to which the war was an act of Russian aggression.

»The OSCE concluded that the conflict began on August 7 when US-trained Georgian troops shelled Russian peacekeepers and civilians in the capital of Georgia's breakaway province of South Ossetia, Tskhinvali.

»According to Friday's New York Times, "the accounts suggest that Georgia's inexperienced military attacked the isolated separatist capital of Tskhinvali on August 7 with indiscriminate artillery and rocket fire, exposing civilians, Russian peacekeepers and unarmed monitors to harm." The newspaper added, "Georgian artillery rounds and rockets were falling throughout the city at intervals of 15 to 20 seconds between explosions, and within the first hour of the bombardment at least 48 rounds landed in a civilian area."

After an initial bombardment around 6 PM on August 7, Georgian troops declared a unilateral ceasefire, during which they apparently moved rockets and artillery into better positions. At 11 PM, Georgia announced that Russian troops were shelling Georgian villages in South Ossetia and declared an operation to "restore constitutional order" there.

»OSCE monitors refuted Georgian claims that Georgian forces were responding to a Russian attack. The Times wrote, "monitors have also said they were unable to verify that ethnic Georgian villages were under heavy bombardment that evening, calling to question one of [Georgian President] Mr. Saakashvili's main justifications for the attacks."

»The newspaper quoted ex-British army officer Ryan Grist, who was the senior OSCE representative in Georgia when the war broke out, as saying, "It was clear to me that the [Georgian] attack was completely indiscriminate and disproportionate to any, if indeed there had been any, provocation."»

WSWS.org rappelle ensuite divers aspects de la crise, du point de vue de la responsabilité de l'attaque, et notamment ce fait que la responsabilité géorgienne était une chose avérée pour la simple honnêteté du jugement, avec toute la documentation disponible pour qui voulait s'en aviser, alors que le NYT soutint la thèse contraire à l'époque et semble aujourd'hui découvrir la réalité. Mais l'explication est simple et renvoie, par exemple, à l'interprétation que John MacArthur donne de la presse US et du NYT; le NYT fonctionne comme la Pravda du temps de l'URSS, ou les Izvestia, et reflète fidèlement la ligne du gouvernement US en place. C'est donc que la ligne aurait changé…

C'est l'analyse que fait WSWS.org, qui observe notamment, en offrant l'explication de ce changement:

«The prominence the New York Times gave to its account of the OSCE report—the article was the front-page lead and continued to a full-page article in the inside pages—suggests a deliberate operation to prepare public opinion for a shift in US policy in the region. With President-elect Obama committed to increasing the US military presence in Afghanistan and the US facing a major economic recession, an attempt seems to be underway to repair relations with Russia, possibly at Saakashvili's expense.»

Un peu plus loin, pour appuyer cette thèse d'une amélioration des relations avec la Russie, WSWS.org signale le projet US de lancer des négociations avec la Russie sur diverses matières stratégiques, dont le réseau anti-missiles en Europe (BMDE). «The US also announced plans yesterday to open negotiations with Russia over nuclear weapons and the controversial US nuclear missile defense shield aimed at Russia. The talks would aim to revise the Strategic Arms Reduction Treaty (START) and assuage "Moscow's growing opposition to a US missile-defense system for Europe," according to the Wall Street Journal. A State Department official told the Journal such negotiations would not conclude under the Bush administration, but would rather "help get the ball rolling" for President-elect Obama.»

Plusieurs points peuvent être observés à la suite de tous ces développements.

• Si l'on accepte la thèse de WSWS.org, ce que l'attitude du NYT semble effectivement pousser à faire, on observerait que la nouvelle équipe Obama semble déjà prendre la mesure des capacités US dans les circonstances présentes, avec le constat que les USA ne peuvent rien faire en Europe s'ils veulent maintenir leur position, voire augmenter celles-ci en Afghanistan. C'est la reconnaissance des limites désormais bien marquées de la puissance US, à la suite des guerres en Irak et en Afghanistan, et des diverses autres activités du genre, du désordre budgétaire du Pentagone et de la crise financière et économique.

• Il apparaît assez probable que cette réévaluation était déjà en cours avant l'élection d'Obama, et qu'elle était faite en coordination avec l'actuelle administration, pour faciliter la transition et le changement de politique. Il y a manifestement un marché qui apparaît entre l'équipe Obama et l'administration Bush, la seconde préparant certaines dispositions politiques et stratégiques pour faciliter certaines mesures de restrictions dans la politique d'engagement US. En échange, il semblerait qu'Obama s'engage à ne pas faire trop d'ombre aux dernières semaines de représentation de GW Bush, par exemple en acceptant de ne pas être présent au sommet du G-20 sur la crise financière du 15 novembre 2008 à Washington. Bush pourra au moins conserver l'illusion d'avoir servi à quelque chose jusqu'au bout. C'est bon pour le moral.

• La démonstration semble faite qu'une attitude ferme et se démarquant clairement des réactions extatiques du reste du monde au moment de l'élection d'Obama est payante. Les Russes ont accueilli cette élection avec froideur et l'annonce de mesures militaires peu engageantes selon le point de vue US (annonce du déploiement de missiles Iksander à Kaliningrad). Résultat: les USA semblent conduits à lâcher du lest sur la Géorgie et sur les relations avec la Russie, y compris éventuellement le système BMDE. La démonstration serait ainsi complète.

• … Ce qui conduit à une dernière remarque sur l'une des promesses d'Obama, répercutée également avec extase par tant de commentateurs non-US, notamment européens, notamment français, sur la "restauration du leadership US". Cet ensemble de nouvelles sur la Géorgie et sur la Russie présente une perspective assez originale de cette "restauration". Il est possible que nous ne soyons pas au bout de nos surprises avec l'administration Obama.

• Remarque en forme de Post Scriptum: on ne peut que confirmer l'intérêt qu'il faut attendre de la réunion au sommet (ministre des AE) de l'OTAN en décembre prochain, où la question de l'adhésion de la Géorgie à l'OTAN sera à l'ordre du jour. On attend avec intérêt l'exposé de la position US, – ou bien les USA vont-ils arguer de la transition pour éviter de prendre une position?

08/11/2008 -


7-3 Point de vue de George Friedman : Le conflit en Géorgie.

Extrait :

Le 7 août, l'armée géorgienne attaquait 'sa' région séparatiste d'Ossétie du Sud. Le 8, les troupes russes répliquaient, en envahissant la Géorgie [Russian troops responded by invading Georgia ]. La réponse occidentale, quant à elle, fut essentiellement d'ordre rhétorique. Durant le week-end du 11 octobre, les pays du G-7 se réunirent, à Washington, afin de planifier une réponse conjointe à la crise financière mondiale [joint response to the global financial crisis ]. Plutôt que la définition d'un plan conjoint, la décision – par défaut – consista en ce que chaque pays agirait de manière à sauver son propre système financier, au moyen d'une série de lignes directrices décidées, en gros (mais pas dans le détail), d'un commun accord.

Les événements du 7 août et du 11 octobre ne sont liés entre eux que par leurs seules conséquences. Les uns et les autres ont démontré la faiblesse des institutions internationales, et ils ont confirmé la primauté de l'Etat-nation, ou, plus précisément, de la nation et de l'Etat (une nation étant un groupe de personnes ayant en partage une ethnicité et un Etat étant une entité gouvernant un territoire donné. Une nation-Etat – notion au fondement de l'ordre international contemporain – est ce qui résulte de la superposition d'une nation et d'un Etat). Ensemble, les deux événements ont représenté des défis qui dépassaient de très loin la prégnance des guerres en Irak et en Afghanistan.

Le conflit en Géorgie

En (et par) elle-même, l'attaque de la Russie contre la Géorgie [Russia's attack on Georgia] ne revêtait aucune signification d'ampleur mondiale. La Géorgie est, en effet, un petit pays du Caucase, et son sort, en fin de compte, ne saurait affecter la marche du monde. Mais la Géorgie était alignée sur les Etats-Unis et sur l'Europe, et elle était considérée par certains comme un pays candidat à l'intégration dans l'Otan. Aussi, ce qu'il y avait d'important, dans l'offensive russe, c'est le simple fait qu'elle se soit produite, et que l'Occident n'ait pas répliqué, sinon en rhétorique verbale…

Une partie du problème, c'était que les pays qui auraient pu intervenir afin de soutenir la Géorgie étaient dépourvus de la capacité de le faire. Les Américains étaient empêtrés dans le monde musulman, et les Européens avaient laissé s'atrophier leurs forces armées. Mais même si la puissance militaire avait été disponible, il est clair que l'Otan, en tant qu'expression militaire de l'alliance occidentale, était incapable d'une quelconque action unifiée [incapable of any unified action]. Il n'existait pas la moindre compréhension unique de ce qu'étaient les obligations de l'Otan, et, plus grave, aucune compréhension collective de ce qu'aurait bien pu être une stratégie unifiée…

Il n'y avait pas une tension seulement entre les Etats-Unis et l'Europe, mais aussi entre les pays européens eux-mêmes. Cela apparut particulièrement prononcé dans la vision de la situation qu'avait l'Allemagne, par rapport à celle des Etats-Unis et de nombre d'autres pays. Très peu de temps après la fin de la guerre russo-géorgienne, les Allemands firent savoir clairement qu'ils étaient opposés à toute extension de l'Otan à la Géorgie et à l'Ukraine. Une raison majeure de cette opposition étant la très forte dépendance de l'Allemagne par rapport au gaz naturel russe, ce qui signifie que Berlin ne peut pas s'offrir le luxe de s'aliéner Moscou. Mais il y avait aussi une raison, plus profonde encore : l'Allemagne avait été sur le front, lors de la première Guerre froide, et elle n'avait aucune envie de ne serait-ce que participer à une seconde guerre froide…

L'éventail des réponses européennes à la Russie a été fascinant. Les Britanniques étaient livides. Les Français étaient livides, eux aussi, mais ils tenaient à jouer un rôle de médiation. Les Allemands étaient cauteleux, et la chancelière Angela Merkel s'est rendue à Saint-Pétersbourg [Chancellor Angela Merkel traveled to St. Petersburg], afin d'y tenir une conférence de presse conjointe avec le président russe Dmitri Medvedef, alignant l'Allemagne sur la Russie – à toutes fins utiles – dans les questions géorgienne et ukrainienne…

L'unique et principal effet de l'attaque russe contre la Géorgie fut qu'elle montra clairement à quel point l'Otan est divisé – et aussi, à quel point elle est faible -, de manière générale, et les Européens, en particulier. Eussent-ils été unis qu'ils n'eussent guère été en mesure de faire mieux… Mais ils auraient, à tout le moins, évité ce défi qu'a représenté leur extrême fragmentation. L'Otan ne peut fonctionner que dès lors qu'il existe un consensus, or cette guerre a révélé à quel point l'Otan était éloigné de tout consensus… On ne peut pas dire que l'Otan se serait effondrée, à la suite de la Géorgie. Non : l'Otan est toujours là, et les responsables officiels de l'Otan tiennent des réunions et des conférences de presse. Mais l'alliance est exempte à la fois de projet commun et de ressources, excepté dans quelques domaines très spécifiques et extrêmement limités. Certains Européens agissent, via l'Otan, en Afghanistan, par exemple, mais il ne s'agit pas de la majorité, et ces pays n'agissent pas d'une manière décisive…

La guerre russo-géorgienne a soulevé de profondes questions quant à l'avenir de l'alliance militaire multilatérale (qu'est l'Otan). Chaque pays membre a consulté ses propres intérêts nationaux, et a conduit sa propre politique étrangère. Dès lors, la coupure entre les Européens et les Américains est garantie sur facture, mais la division entre Européens est tout aussi profonde. Si l'on ne pouvait pas dire que l'Otan fonctionnait effectivement, on ne savait pas non plus très bien, après le 8 août, en quel sens les Européens existaient effectivement, sinon en tant qu'Etat-nations individuels.

George Friedman 

Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier

Titre original : George Friedman : 2008 : Le retour de l'Etat-nation

On Stratfor.com (Geopolitical Intelligence Report), 27 octobre 2008

samedi 1er novembre 2008, par Comité Valmy

[Cette analyse peut être forwardée ou republiée sur votre site ouèbe, pour peu que vous la créditiez à www.stratfor.com].

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article103 



9 Analyse -  Géopolitique et stratégie – Réflexion
Ndlr : La publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage toutes les analyses des auteurs mais doit être vu comme information
9-1 Claude Beaulieu : Barack Obama ou l'arrivée d'une "nouvelle aurore du leadership américain".

Avant même d'être confirmé par le vote des grands électeurs, Barack Obama a annoncé qu'il inscrivait sa présidence dans la continuité dominatrice de l'impérialisme messianique qui conduit la politique américaine par rapport au reste du monde.

Actuellement 349 élus démocrates sur 512 lui sont acquis. À partir du 15 décembre et jusqu'au 6 janvier ils devront voter pour confirmer formellement son élection, l'investiture devant avoir lieu le 20 janvier.

À Chicago, le futur Président a annoncé l'arrivée d'une "nouvelle aurore du leadership américain". Sur un ton déjà guerrier il a ajouté : "A ceux qui voudraient détruire le monde, nous disons, nous vous battrons"... Attendons un peu pour savoir qui seront éventuellement, pour Obama, l'axe du mal, les États voyous et les dirigeants à diaboliser. Mais peut-être changera-t-il de formulation afin d'inscrire le "changement" du style dans la "continuité" politique. Car, pas plus qu'en France, le Président des États-Unis ne dispose véritablement de l'essentiel du pouvoir de décision, lequel est accaparé par une oligarchie souterraine, mise en place dès les années cinquante par la finance américaine hégémonique.

Rappelons en effet cette déclaration de James Paul Warburg, président de la Chase Manhattan Bank, devant le Sénat américain le 17 février 1953 : "De gré ou de force, nous aurons un gouvernement mondial. Sera-ce par la conquête ou par consentement ? La supranationalité d'une élite intellectuelle et des banquiers internationaux est certainement préférable aux décisions nationales qui se pratiquent depuis un siècle." David Rockefeller reprenait à son compte en juin 1991 cette volonté annoncée qu'il complétait en affirmant : "Le monde est préparé à marcher vers un gouvernement mondial." Cette vision mondialiste et supranationale est aujourd'hui une réalité qui orchestre la domination des peuples par les dirigeants étatsuniens, à travers la globalisation, dont l'Union européenne fédéraliste, par exemple, n'est qu'une expression et un outil.

Nous pouvons établir un parallèle entre l'élection en France de Nicolas Sarkozy et celle de Barack Obama aux États-unis. Je suis de ceux qui estiment que l'un et l'autre ont été pré-sélectionnés pour correspondre aux intérêts de l'oligarchie américaine et à ses ramifications supranationales et euro-atlantistes. Dans les deux cas, leurs concurrents à l'élection ne représentaient pas réellement une alternative crédible, mais avaient pour fonction de servir de faire-valoir au candidat réel de l'oligarchie. La présence de Ségolène Royal en naïve social-démocrate, innocente et opportuniste, accrochée au postulat de l'Europe fédérale des régions mais sans vision politique cohérente réelle, a contribué à estomper le caractère de démagogie généralisée de la campagne de Nicolas Sarkozy. John McCain, dynamique malgré son âge et affublé d'une Sarah Palin caricaturale ne soutenait aucune comparaison face au charisme de Barack Obama.

Dans les deux cas, ces deux élections ont donné lieu à des conditionnements, des manipulations massives et généralisées de l'opinion publique. Dans le cas des États-Unis cette mise en condition des peuples a pris un caractère mondial. Condoleezza Rice, Secrétaire d'Etat de G.W.Bush ainsi que son prédécesseur Colin Powell, ont démonté que la couleur de la peau n'est pas un critère déterminant qui empêcherait de servir avec cruauté l'impérialisme américain et sa volonté d'agression et de guerre.

Ce conditionnement des peuples explique partiellement mais pas totalement, l'enthousiasme populaire chez les afro-américains et parmi les peuples d'Afrique et du monde entier, devant cette élection.

Militant anti-raciste depuis des décennies, j'ai toujours été solidaire des Patrice Lumumba, Thomas Sankara, Martin Luther King, Angela Davis et de bien d'autres militants noirs, j'aurais souhaité que Barack Obama se situe dans leur lignée progressiste. Ce n'est pas le cas aujourd'hui. Il est cependant naturel que cette élection, au delà de la manipulation mondiale politico-médiatique, ait soulevé une intense espérance populaire aux USA, en Afrique et dans le monde. Mais la désillusion risque d'être à la mesure de cette espérance. Et même si Barak Obama prenait conscience de ce que ces masses populaires attendent de lui et voulait y répondre positivement, il est peu probable que les Big Brothers, au pouvoir dans l'ombre, le laisseraient faire.

L'impérialisme américain après cette élection reste l'ennemi commun des peuples du monde.

Le 6 novembre 2008

Claude Beaulieu

samedi 8 novembre 2008, par Comité Valmy

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article105


10 Annexe

10-1 Mathieu Verboud: Le complexe militaro-industriel américain veille.

Les RDV de l'Agora reçoivent Mathieu Verboud, auteur et réalisateur du documentaire "La Cabale", diffusé ce soir, mardi 28 octobre, sur France 5 à 21 h 40.

Dans son film La Cabale, diffusé ce soir sur France 5, le documentariste Mathieu Verboud revient sur la genèse de la guerre d'Irak et sur la philosophie politique des Etats-Unis, toujours prompts à guerroyer du moment que le business militaro-industriel a à y gagner. Rappelons-nous ce chiffre : durant le XXe siècle, les Etats-Unis ont dépêché des troupes dans près de trente Etats (sans compter les deux guerres mondiales).

C'est avec une image du mémorial du corps des Marines des Etats-Unis, à Washington, que commence ce documentaire. Sur le socle de ce célèbre monument représentant le prise d'Iwo Jiwa, sont inscrits les noms des grandes batailles américaines. Dernier nom gravé : l'Irak. Mais il y a encore de l'espace sur le socle. Beaucoup d'espace. Et les dirigeants de Lockheed, Halliburton, Blackwater peuvent se frotter les mains. Tant que l'on fera vibrer la corde patriotique, nationaliste et revancharde, tant que l'on dira au peuple américain qu'il doit combattre pour la liberté, ils accumuleront les dividendes. Pour comprendre la guerre d'Irak, il faut se rappeler les avertissements que lança en 1961 un certain Eisenhower et, bien avant lui, le général Smedley Butler. Le complexe militaro-industriel veille, les lobbies veillent pendant que tout le monde dort. Mais il y a lobby et lobby et Mathieu Verboud ne tombe pas dans les travers des complotistes.

Sur la guerre d'Irak, on croyait tout savoir. Mathieu Verboud ne nous apprendra rien de nouveau. Son intention est claire : "apprécier les symptômes liés à la guerre d'Irak, à la genèse de cette guerre, puis réfléchir plus largement à l'addiction américaine à la guerre depuis un demi-siècle." Mais il apporte un éclairage nécessaire. Il clarifie. Il dépouille volontairement son film. Choisissant de ne faire intervenir que deux protagonistes - Karen Kwiatkowski, ex-militaire de carrière, et Joe Trento, écrivain -, et utilisant à bon escient les images d'archives, il nous explique comment et pourquoi la guerre d'Irak a lieu. Pourquoi, quel que soit le nom du prochain locataire de la Maison-Blanche, elle a toutes les chances de continuer, et pourquoi elle peut s'étendre à l'Iran. Désespérant, mais salutaire.

Pour les RDV de l'Agora, Mathieu Verboud répond aux questions d'Olivier Bailly

Agoravox : Avez-vous rencontré des difficultés pour tourner ce documentaire ?

Mathieu Verboud : Si l'on entend par difficultés des blocages institutionnels divers et variés, aucune difficulté. La parole sur ces questions-là est assez libre en Amérique. C'est le paradoxe. Des choses extrêmement importantes sont dites. Aujourd'hui, il est admis par tout le monde, y compris par les gens qui étaient partisans de la guerre d'Irak, qu'il y a eu mensonge sur la genèse de cette guerre, mais rien n'embraye derrière. C'est un phénomène qu'on observe partout : des gens disent des choses, on sait que c'est là, mais on regardera plus tard car ce n'est pas encore prêt dans les esprits.

A : Avez-vous rencontré des difficultés pour le diffuser en France ?

MV : On l'avait proposé à une chaîne qui venait d'acheter un autre documentaire américain qui focalisait uniquement sur le Bureau des plans spéciaux et qui, ayant acheté ce film-là, ne pouvait plus acheter le mien. Il a fallu apparemment qu'on insiste auprès de France 5 pour qu'ils le prennent. Evidemment pour eux tout ça est extrêmement mélangé. Entre la guerre d'Irak qui a échoué, l'autoritarisme de Rumsfeld, la folie guerrière, la genèse de la guerre d'Irak... Quand vous arrivez avec une information qui pointe l'aspect très caractéristique et très inédit de la genèse de cette guerre - le film le dit : c'est la première guerre de toute l'histoire des Etats-Unis qui n'apporte rien de positif au pays. Du point de vue négatif au contraire, il n'y a que des recettes -, lorsque vous arrivez avec une information comme celle-là la chaîne dit « très bien on le prend » et comme ils vous sentent en position de force ils vous préviennent : « Attention, ne faites pas un film conspirationniste parce qu'avec ce que vous allez dire-là n'importe quel clampin peut s'autoriser tous les commentaires débiles... » On leur a donc dit qu'on faisait un film sur le complexe militaro-industriel.

A : Vous ne révélez rien, mais vous apportez un éclairage plus large sur la genèse de la guerre d'Irak. N'est-ce pas ce qui a manqué dans les analyses de ce conflit ? On s'est focalisé sur le 11-Septembre, y voyant une cause.

MV : Dès qu'on parle du 11-Septembre, on est forcément toujours amené à répondre à des questions sur les seuls qui sont connus pour travailler en permanence sur le 11-Septembre, c'est-à-dire « les théoriciens du complot ». Malheureusement, on n'entend personne d'autre réfléchir à la question, on ne sait pas ce que font les historiens, par exemple. Je ne me situe pas par rapport à ces gens-là ni par rapport à d'autres, ils posent des questions, comme tout le monde. Je ne révèle rien parce qu'on sait que la genèse de la guerre d'Irak, que l'analyse globale de ce conflit, sous-pondère l'aspect genèse.

Même s'il y avait eu un but de guerre « entendable », la guerre d'Irak aurait probablement été un fiasco, Abou Ghraïb aurait été là et ça aurait suffi à ce que cette guerre ait été une « guerre dégueulasse ». Il se trouve qu'en plus il y a une complication en amont qui explique beaucoup de choses et qui selon moi est très caractéristique, c'est Abou Ghraïb. Ils ont été jusque-là. Abou Ghraïb c'est un drame, un scandale, mais c'est la conclusion d'un état d'esprit et de pratique politique.

Et c'est autrement plus compromettant de créer une guerre à partir de rien que de faire une bavure dans une prison. C'est comme décrire la famille en occultant systématiquement le rôle de la grand-mère. Effectivement, dans ce film, je dis « la grand-mère existe », on me répondra « on le savait ». Eh bien alors pourquoi vous ne le dites pas ! Je ne vais pas reprocher aux autres de ne pas dire ce qu'ils ne disent pas, mais avec ce film j'ai observé deux symptômes : d'abord je pense que la genèse de la guerre d'Irak, à elle toute seule, est un symptôme infiniment plus grave parce que c'est un chaudron dans laquelle on fabrique les guerres.

On ne fabrique pas une nouvelle guerre avec Abou Ghraïb, tandis qu'avec les méthodes qui ont été employées dans toutes les guerres d'Irak on fabrique la matrice de toutes les guerres à venir. Je  parle de la guerre qu'on crée sur un coin de table, la guerre sans but, sans intérêt pour le pays, et la guerre éternelle sans aucune définition claire de la victoire. Donc on crée la matrice de la guerre parfaite. Evidemment, on va prendre un moustachu pas sympathique qui s'appelle Saddam Hussein et, pour peu qu'il y ait eu un attentat quelques jours avant, ça fait l'affaire.

La deuxième chose, c'est qu'il faut toujours dézoomer. On me parle de la guerre d'Irak, moi je préfère parler de la genèse de la guerre que de son déroulement. Ensuite, on me parle de l'appétit des Américains. Là pareil, avant de prononcer un quelconque mot, je dézoome et je me rends compte qu'avant moi il y a une poignée de gens, des conspirationnistes, mais aussi le président Eisenhower qui l'a dit - mais le problème c'est qu'à l'époque d'Eisenhower il n'y avait pas de marketing, pas de Cheney qui était un gamin, c'étaient les années 60. Eisenhower vous dit que c'était déjà là. Puis vous allez voir le personnage principal de votre film qui vous dit que quelqu'un - Smedley Butler en l'occurrence - l'a dit encore vingt ans avant Eisenhower...

Aujourd'hui, des gens vous expliquent à la télévision que l'amiante est dangereux. Ceux qui travaillent sur l'amiante savent que les effets nocifs de l'amiante ont été documentés par la médecine dans les années 10. A la seconde où vous savez ça, cela change tout. Cela signifie que la médecine du travail était complice des entreprises, et maintenant c'est quelque chose qui est reconnu par tout le monde depuis soixante-dix ans.

Les responsabilités sont décuplées à l'instant où vous apprenez que la médecine du travail le savait. Après, il y a un autre problème. Si vous dites « prendre de l'héroïne ce n'est pas bon pour la santé », on va vous répondre « on le sait depuis longtemps, vous n'apportez rien de nouveau ». Effectivement, comme tout le monde le sait et que tout le monde sait qu'on le sait depuis très longtemps, il n'y a rien à dire à tout le monde.

Là, je remarque qu'il y a une chose que l'on sait lorsqu'on va chercher le bouquin sur l'étagère, à savoir que tout a commencé il y a déjà un siècle, mais que chaque jour où l'on en parle on fait semblant de croire que c'est arrivé hier. Non ! Les choses ont une histoire, voilà, et on peut voir dans tel ou tel aspect de la guerre d'Irak des choses nouvelles, comme par exemple la privatisation à outrance des services, ce qui n'existait pas à l'époque d'Eisenhower. En revanche, sortir le bâton dès qu'il y a un problème et taper, ça, ça ne date pas de Dick Cheney.

A : Les néo-conservateurs pêchent-ils par idéologie ou par affairisme ?

MV : Ils sont connus pour prêcher dans les deux domaines. Ils sont connus comme tels par les services secrets américains. C'est le sujet d'un autre film que je prépare. Plusieurs des personnes impliquées dans la guerre d'Irak sont là depuis trente ans et depuis trente ans trafiquent, donnent des coups de tampon illégaux sur les exportations d'armes, jouent de leur influence, la monnaye et parfois sont directement impliqués comme intermédiaires. Ils sont connus y compris pour transmettre des secrets d'Etat à des pays étrangers comme Israël, par exemple.

A : Quel que soit le nom de celui qui s'installera à la Maison-Blanche en novembre prochain, cela ne changera pas grand-chose par rapport au complexe militaro-industriel. Qu'est-ce qui pourrait faire changer la donne ?

MV : Entre le foudre de guerre Reagan et le foudre de guerre Georges W. Bush (je passe sur le père), on a eu Clinton pendant huit ans. Mais, si vous prenez Clinton et Georges Bush père, vous avez ce qu'on appelle des « modérés », des gens plus prudents, plus centristes, plus atlantistes, moins unilatéraux. Le business a prospéré quand même. Ajoutez à cela que les marchands de canons font des affaires y compris en temps de paix...

L'Amérique vend ses armes et, actuellement, ça marche du feu de Dieu, ils vendent de plus en plus. L'armement est également un outil d'entrisme économique. Le complexe militaro-industriel est vraiment au cœur de l'économie américaine. On sait d'ailleurs que globalement l'industrie de l'armement fait beaucoup tourner l'économie, c'est un lieu d'innovation, etc. Il se trouve que les Américains, pour donner un bonus aux accords de paix israélo-arabes des années 70, versent depuis cette époque-là, c'est tout à fait connu, plusieurs milliards de dollars par an en aide militaire gratuite qu'empochent les Israéliens et les Egyptiens.

Comme le disent beaucoup d'intervenants aux Etats-Unis, on peut se demander si cet argent que l'Amérique verse entre autres pays à Israël, en quoi cela a pu modérer Israël, la rassurer et est-ce que ça a pu générer une volonté, tant en Israël qu'aux Etats-Unis, d'aller vers des accords de paix avec les Palestiniens ? Apparemment non.

Il y a un gros aggiornamento qui a actuellement cours aux Etats-Unis à propos du lobby pro-israélien. Le seul problème, c'est que s'en distancier est extrêmement compliqué. La distanciation par rapport à ce lobby est aussi compliquée que de se distancier de la guerre d'Irak ou se distancier du pétrole.

A : Vous évoquez l'Aipac, un lobby  pro-israélien très puissant auquel tous les politiques, démocrates comme républicains, font allégeance.

MV : Un jour un congressiste a dit : « imaginez la puissance du lobby du bois lorsque vous êtes à Seattle, dans l'Etat de Washington. Vous êtes dans un Etat où si vous êtes contre le lobby du bois vous êtes mort politiquement. L'Aipac, c'est l'équivalent du lobby du bois, mais à l'échelon du pays. Les ministres reculent devant l'Aipac. L'Aipac fait atteindre aux motions qui défendent Israël au Congrès des scores brejnéviens. L'Aipac est légendairement connu à Washington.

Son patron politique vient de se faire arrêter pour espionnage au profit d'Israël, c'est l'affaire Franklin, un ancien collaborateur de Doug Feith, qui a donné des documents sur le programme nucléaire iranien à l'Aipac qui les a immédiatement transmis au Mossad à Washington. Tous les protagonistes ont été arrêtés et le directeur exécutif de l'Aipac, connu comme le loup blanc à Washington, Steve Rosen est actuellement au trou pour avoir transmis des informations à Israël, le collaborateur de Douglas Feith est au trou également pour les mêmes raisons. Le procès qui devait commencer il y a un an, que je devais filmer il y a six mois en est à son neuvième ajournement. C'est le procès impossible. La défense veut faire citer à la barre Cheney, Condee Rice, etc.

Il se trouve que l'adjoint de Douglas Feith, Franklin, l'homme qui a fourni à l'Aipac les documents sur le programme nucléaire iranien qu'il avait dans son coffre au Pentagone, est parti pour douze ans en tôle. Certains m'ont dit qu'il était sorti alors que d'autres m'ont affirmé que non, il est bien en tôle ! Vous allez sur internet et vous ne savez pas si cet espion est en tôle ou pas ! Ce procès a terriblement gêné les grands médias parce qu'il exposait au grand jour la réalité de l'Aipac et c'est là où l'on voit ressortir un magnifique article de Seymour Hersch qui, un an avant son arrestation, avait rencontré le patron de l'Aipac et lui avait demandé comment fonctionnait l'Aipac, qu'est-ce qu'on y faisait, etc. Et le patron de l'Aipac lui avait répondu : « l'Aipac est comme une fleur vénéneuse : elle vit la nuit et se couche au petit matin ».

Des bouquins décrivent les membres de l'Aipac qui au moment d'une résolution se pointent juste dans les couloirs, ouvrent une porte où des gens sont en train de voter, passent leur tête à la porte. Dix, vingt personnes dans la salle savent ce qui se passe : le lobby est passé, il est temps de bien voter. Ils disent tous : si on se met contre ce lobby on se suicide politiquement.

L'Aipac est considéré par les congressistes américains comme le deuxième lobby le plus puissant des Etats-Unis après le lobby des personnes âgées. Et le troisième est le lobby des armes.

A : Eh bien justement, terminons sur une personne âgée, le sénateur  Robert Byrd, seule voix discordante au Congrès à propos de la guerre d'Irak. A-t-il dit tout haut ce que tout le monde aux Etats-Unis pense tout bas ?

MV : Je vais vous raconter une anecdote tirée du film The Israël lobby de la réalisatrice néerlandaise Marije Meerman : dans ce film, un historien anglais, Juif, critique vis-à-vis d'Israël, témoigne. Un jour cet historien, Tony Judt est à Paris. Il est avec un congressiste américain qui tient des propos sur le conflit israélo-palestinien qui lui semblent assez sensés. Il lui dit « je suis d'accord avec ce que vous racontez, vous avez une position équilibrée, il me semble que c'est quelque chose que vous ne racontez nulle part en Amérique publiquement ». Le congressiste opine. Et Tony Judt qui n'est pas dupe lui demande « Est-ce que vous faites ça parce que vous avez peur de perdre votre vote juif ? »

Le type sourit et lui répond : « Je viens d'une circonscription du Middle-West, je n'ai quasiment aucun Juif dans ma circonscription et de toute façon ils votent tous pour moi, donc je n'ai aucun risque de perdre des électeurs Juifs en disant publiquement ce que je pense du conflit israélo-palestinien. En revanche, si je le dis, la rétorsion viendra plus tard, elle ne sera pas forcément orchestrée dans le lobby, mais mes collègues en ont tellement peur que tout autre projet, toute autre requête ou résolution que je mettrais aux voix au Congrès à l'avenir seront systématiquement bloqués. Ça serait un suicide politique ».

Robert Byrd est trop vieux. Au pire, il fait encore un mandat, mais il est hors d'atteinte. C'est par ailleurs un personnage paradoxal puisque c'est un ancien membre du Ku Klux Klan...

Robert Byrd dit-il tout haut ce que tout le monde pense tout bas ? Quand vous avez une terreur collective, il y a une peur collective des uns des autres, du côté maccarthyste de l'administration Bush. S'opposer à la guerre c'est passer pour un anti-patriote, s'opposer à la guerre après le 11-Septembre c'est passer en plus pour un con, et derrière si vous rajoutez que le lobby vous guette en disant manque de pot, sur cette équation-là il y a l'ingrédient Israël, si vous votez contre c'est que vous êtes des traîtres... Pourquoi Obama à l'époque dit qu'il est contre la guerre ? Parce qu'il est encore trop petit, il peut encore se permettre de le dire. Dès que vous passez l'échelon au-dessus jamais vous n'allez prendre la position du maverick comme dirait McCain, du franc-tireur.

A : Quels sont les rapports entre l'Aipac et Israël ? Car, après tout, l'Aipac n'est pas Israël...

MV : Ce n'est pas une courroie de transmission organique, c'est-à-dire qu'il n'est pas mandaté par l'Etat israélien. Imaginons que vous êtes un chanteur et que vous avez un club de fans. C'est pareil. Il n'est pas mandaté par vous, il peut même vous irriter. On sait qu'il y a des chanteurs qui ont douze clubs de fans et qui sont irrités par tel ou tel club de fans qui fait des trucs qui ne leur plaisent pas. Bon, voilà, c'est un club de fans auto-constitué qui rend malgré tout énormément de services au gouvernement israélien.

Sharon a sorti un jour une boutade : "Américains si vous voulez aider Israël, aidez l'Aipac !" Il se trouve que l'Aipac a fait une OPA. Il y a une chose très particulière en Amérique : il y a des milliers d'associations juives ou pro-israéliennes et l'Aipac n'est que l'une d'entre elles. Mais elle a pris un virage à droite et a mobilisé le débat sur un aspect très particulier qui est la politique étrangère américaine. Grosso modo vous pouvez être dans une association juive non politisée, qui n'affiche pas de position politique ni démocrate ni républicaine aux Etats-Unis, ni Likoud ni travailliste en  Israël, mais à un moment donné, si par exemple il y a un pépin dans le monde avec Israël, vous allez vous en remettre à la ligne politique décidée par l'Aipac parce qu'il n'y a plus qu'elle qui se voit en Amérique...

Les deux questions qui suivent (ainsi que les réponses, bien sûr) ont été rédigées par Matthieu Verboud lui-même. Il les destinait au site web de France 5 qui a omis de les y faire figurer.  Nous remercions Matthieu Verboud de nous autoriser à les reproduire.

Pourquoi ce film ?

Parce que l'heure est, une fois encore, à la guerre. Irak, Afghanistan, Georgie, demain peut-être l'Iran... Parce que les experts de ces questions évoquent aujourd'hui, non sans réelles inquiétudes, des perspectives tout simplement terrifiantes : Troisième Guerre mondiale, risque d'embrasement nucléaire, tout ça sur fond de reprise possible de la guerre froide. A chaque fois, les Etats-Unis sont au centre de l'équation. On ne le dit jamais parce qu'on l'ignore, mais ce pays représente aujourd'hui 75 % des dépenses militaires de la planète ! Ça fait beaucoup pour un seul pays, un pays qui ne représente que 5 % de la population mondiale. Bien sûr, l'Histoire témoigne que de tous les grands empires de l'Histoire, l'empire américain est sans conteste le plus démocratique, le moins barbare. Et pourtant, en un peu plus d'un siècle (guerres mondiales mises à part), les États-Unis ont fait peser le poids de leurs interventions militaires aux quatre coins du globe. Depuis cinquante ans, date de l'émergence du complexe militaro-industriel, le nombre d'interventions américaines dans le monde a tout simplement doublé par rapport au demi-siècle précédent ! Bien sûr, il ne s'agit-là que d'un chiffre grossier dans la mesure où le complexe militaro-industriel fait des affaires même en temps de paix, mais il témoigne néanmoins des perspectives colossales que les États-Unis offrent historiquement à leurs marchands de canons. Pour mémoire, le coût des opérations militaires américaines depuis le 11-Septembre avoisine désormais celui de la guerre de Corée.

En quoi la guerre d'Irak constitue un cas d'école ?

Parce que comme le disent nos personnages, elle incarne la guerre de l'avenir : la guerre sans fin, sans vainqueur, sans claire définition de la victoire, la guerre éternelle. Et aussi parce qu'en  attaquant une seconde fois l'Irak en 2003, les Etats-Unis attaquaient un pays dont ils savaient eux-mêmes au-delà de tout doute possible qu'il ne constituait plus, et depuis longtemps, une quelconque menace militaire. L'un de nos deux personnages, le lieutenant colonel Karen Kwiatkowski, le raconte : dans les douze ans qui séparent les deux guerres d'Irak, les Américains et les Anglais ont lancé plus de bombes sur ce pays que sur le Vietnam ! Au fil des ans, la US Air Force en était à vider ses munitions sur des rochers. Il ne restait plus que ça à viser. Quelles que soient les raisons de se réjouir que l'on pouvait avoir à l'époque en voyant une démocratie chasser un dictateur sanguinaire du pouvoir, partir en guerre sur de telles prémices était un mensonge fait au monde, mais aussi un crime majeur contre la Constitution des Etats-Unis.

AgoraVox : Olivier Bailly

Mardi 28 octobre


10-2 Qu'est ce qui Risque de se passer le 21et 22 Janvier 2009 ?

Un Jour Aprés l'Investiture Du Nouveau Président US

Lors d'une interview sur MSNBC le 19/10/08 où Colin Powell annonçait son soutien au candidat Démocrate à la présidentielle US, Barak Obama, il a fait une remarque anticipatrice pour le moins surprenante.?

Le 19 Octobre 2008, Colin Powell, ancien secrétaire d'état sous la première Administration de G.W.Bush, et général à la retraite, était l'hôte de la célèbre émission sur la chaîne de TV américaine MSNBC , "Meet the Press" pour publiquement annoncer et expliquer son soutien au candidat Démocrate à la Présidentielle, Barak Obama.

Lors de cette interview ,
Colin Powell a annoncé qu'il y aurait une crise le 21 et 22 janvier 2009, sans fournir plus de détails. Le journaliste de MSNBC qui l'interrogeait n'a pas non plus juger bon de lui demander des précisions sur ce qu'il entendait par une "crise". Celle-ci aurait donc lieu, selon les dires de Colin Powell, le lendemain et le surlendemain de l'entrée en fonction du nouveau Président des Etats Unis, en l'occurence Barak Obama le candidat qu'il soutient. Cette prédiction intervient au bout de 2 minutes 40 et on entend Powell dire : " il va y avoir une crise qui adviendra le 21 et 22 janvier dont nous n'avons même pas connaissance en ce moment même". Le futur Président des Etats Unis sera élu le 4 novembre et entrera effectivement en fonction le 20 janvier 2008

Ce n'est pas la première fois qu'est évoqué cette période de prise de fonction de Barak Obama si c'est lui qui remporte les élections présidentielles, ce qui semble acquis selon les derniers sondages annonçant qu'il devance largement John McCain le candidat Républicain. Hillary Clinton, adversaire malheureuse de Barak Obama à la course à l'investiture Démocrate, avait fait à l'époque des déclarations affolantes faisant froncer les sourcils de certains à Washington.

Clinton avait évoqué la possibilité d'une attaque terroriste juste après l'entrée à la Maison Blanche de Barak Obama, affirmant qu'elle serait mieux à même d'affronter la situation que lui. Elle avait fait remarquer que le lendemain de la prise de fonction du premier ministre britannique, Gordon Brown, il y avait eu une tentative avortée de double attaques à la bombe à Londres et à Glasgow.. Elle avait dit à l'époque : " Je ne pense pas que ce soit par accident qu'Al Qaeada ait décidé de tester le premier ministre.. Ils suivent nos élections de manière aussi assidue que nous le faisons, peut être même plus assiduement que certains de nos concitoyens le font... N'oublions pas que vous allez élire un Président pas simplement pour faire ce qu'un candidat dit pendant la campagne électorale, mais vous voulez aussi que le Président soit là dans les moments difficiles".
Elle avait aussi évoqué lors de sa campagne, provoquant un tollé général, la possibilité que Barak Obama soit assassiné comme l'ont été John Kennedy et Martin Luther King.

Autres paroles qui vont dans le sens d'une possible "crise" immédiatement après l'entrée en fonction de Bara Obama comme Président, celles prononcées par le co listier d'Obama, Joe Biden, réputé pour faire des gaffes lors de ses interventions publiques. Biden a parlé des premiers 90 jours de la présidence d'Obama comme de "90 jours de crise"
Bref de quoi s'interroger par anticipation sur cette "crise" triplement annoncée.
Qu'elle sorte de crise ?
Provoquée par quoi ?
Par qui ?
Dans quel but ?

Une opération type faux pavillon comme semblent avoir été les attaques du 11 Septembre 2001, selon les informations de plus en plus nombreuses qui font surface et abondent dans ce sens ?
Obama, quant à lui, a commencé à parler prudemment - pour ne pas laisser croire que tout est déjà joué dans cette présidentielle - de son activité post élection entre le 4 Novembre et le 20 Janvier, période de transition qu'il aurait prévu d'organiser pour faire en sorte qu'elle se passe le plus calmement possible (le "calme avant la tempête" ?). Il a révélé avoir mis en place des équipes de travail pour s'occuper de la politique financière et étrangère, et a annoncé son soutien à la conférence sur la crise financière mondiale qui doit avoir lieu aux Etats Unis le 15 Novembre et à laquelle doivent participer les chefs de gouvernements des pays du G8 plus certains dirigeants de pays émergents. Il a déclaré que "l'Amérique doit diriger et d'autres nations doivent faire partie du processus" reaffirmant la position toujours adoptée par les dirigeants américains, Démocrates et Républicains, de domination mondiale américaine, même si elle est parfois teintée de coopération multilatérale quand la situation l'exige, ce qui est la cas en ce moment les US traversant une crise sans précedent.

Source: http://www.planetenonviolence.org/

http://www.alterinfo.net/Qu-est-Ce-Qui-Risque-De-Se-Passer-Le-21-Et-22-Janvier-2009,-Un-Jour-Apres-l-Investiture-Du-Nouveau-President-US-_a25248.html




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