OTAN: la plus grande des saintes alliances militaires capitalistes de tous les temps. Sous la domination des Usa, elle sert leur politique de domination mondiale. Combattons sans arrêt cette machine de guerre impérialiste, agressive, colonialiste, ruineuse et dangereuse, pour tous les peuples de la planète. Pour recevoir ces articles, envoyer un mail à roger.romain@skynetblogs.be. Indiquer Otan. Merci !

vendredi, avril 18, 2008

Plus d' Otan signifie plus de morts ... www.solidaire.org du 14/04/2008

Bilan des interventions de l'OTAN : renforcer les efforts de guerre

À Bucarest, début avril, l'OTAN (alliance de 25 pays européens avec les États-Unis) passait en revue l'état de ses interventions dans le monde. Conclusions sur l'Afghanistan.

Baudoin Deckers

Walter Kalin, représentant du secrétaire général de l'ONU s'est rendu en Afghanistan. Il en conclut que l'intervention des États-Unis et de l'OTAN n'a pas seulement provoqué d'innombrables morts civiles, mais qu'elle a en plus eu un impact négatif sur la vie du peuple, l'éducation, l'alimentation, les soins médicaux. (Photo Nato.int)

Parmi ses différentes conclusions, la déclaration de l'OTAN souligne que l'intervention en Afghanistan reste la « première priorité » de l'OTAN. « Aux côtés des Afghans, nous avons accompli des progrès importants, mais nous sommes conscients que les défis qui subsistent nécessitent des efforts supplémentaires » . Mais la déclaration s'abstient de décrire les prétendus « progrès ». Et pour cause, 37 000 militaires de l'OTAN se battent en Afghanistan aux côtés d'une force étatsunienne séparée d'au moins 11 000 hommes. Les troupes de l'OTAN subissent en moyenne 500 attaques par mois, une augmentation d'environ un tiers par rapport à l'année passée. Le ministère de la défense de Kaboul (capitale de l'Afghanistan) a réagi fâché à l'affirmation du Directeur des renseigne¬ments nationaux américain comme quoi le gouvernement afghan contrôlerait « plus de 360 des 365 districts du pays ». « On est là bien loin de la réalité et nous le démentons très formellement », affirme-t-il.

Le responsable principal des renseignements militaires américains en Afghanistan quant à lui a témoigné à Washington que le gouvernement de Kaboul contrôlait environ 30 % du territoire, les Talibans 10 %, des chefs tribaux le reste . Le quotidien britannique The Guardian fait ce commen¬taire éloquent : «Malgré les milliers d'insurgés tués par les forces de l'OTAN, une vague incessante de violence a érodé l'emprise de Karzaï [président afghan, Ndlr] dans les provinces, nourrissant les moqueries de ceux qui l'appellent " le maire de Kaboul " ».

L'OTAN aux côtés des Afghans ?

Et qu'en est-il de l'affirmation que l'OTAN serait « aux côtés des Afghans » ? En 2007 Walter Kalin, représentant du Secrétaire Général de l'ONU, s'est rendu en Afghanistan. Il en conclut que l'intervention des États-Unis et de l'OTAN n'a pas seulement mené à d'innombrables civils tués, mais qu'elle a eu un impact négatif sur la vie du peuple, l'éducation, l'alimentation, les soins médicaux. L'ONU estime que le nombre de réfugiés interne avoisine les 80 000. Rien qu'entre avril et août 2007, 1 060 civils ont trouvé la mort lors d'affrontements entre Talibans et troupes afghanes et étrangères. Plusieurs milliers de civils ont trouvé la mort depuis le début de l'agression américaine en 2001. « Si les Talibans ne respectent nullement le droit humanitaire international, dit-il, le nombre de victimes civiles causées par les forces armées des EU et de l'OTAN égale celui causé par les Talibans…». Pas étonnant que d'après un rapport d'Oxfam, aussi bien les militaires internationaux que les seigneurs de guerre tribaux, les criminels et les Talibans, soient tous perçus par les afghans comme une menace pour leur sécurité.

Augmentation du soutien à l'OTAN

Malgré cela, le sommet de Bucarest se félicite de ce que « des alliés ont annoncé de nouvelles contributions de forces et d'autres formes de soutien » à l'intervention militaire de l'OTAN.

Au plus les militaires américains et otaniens s'embourbent en Afghanistan, au plus nos gouvernements en augmentent le nombre, au plus des civils Afghans trouvent la mort. Manifestement, ce n'est ni la liberté ni le développement des populations qui préoccupent les puissances occidentales, mais bien l'accès aux ressources naturelles du Tiers Monde et l'établissement de régimes à leur solde. Un pipeline devrait traverser l'Afghanistan pour transporter du pétrole de l'Asie Centrale vers l'Océan Pacifique, tandis que l'Iran, mais aussi la Chine sont des pays voisins.

Entre-temps l'OTAN élabore un plan d'ensemble des moyens et des forces qu'il compte engager, ainsi qu'un timing. Il ne sera cependant pas rendu public . Nos gouvernements n'y tiennent manifestement pas à devoir se justifier….



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Sujet: EUROPE ET AMERIQUE
Date: Thu, 17 Apr 2008 20:22:12 +0000 (GMT)
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Bush reçoit un camouflet au sommet de l'OTAN

Par Stefan Steinberg
12 avril 2008

www.wsws.org

Lors du sommet de l´OTAN du week-end dernier à Bucarest, la capitale roumaine, le président américain George W. Bush eut à faire à une opposition européenne concertée contre ses plans de poursuite de l'élargissement de l'Alliance vers l'Europe de l'Est. Seul un compromis de dernière minute a permis au président américain de ne pas perdre la face. Selon la presse, les politiciens allemands en particulier se sont montrés contrariés et inquiets face à l'obstination du président américain d'accueillir rapidement la Géorgie et l'Ukraine dans les rangs de l'Organisation du traité de l'Atlantique-Nord.

Mercredi soir, lors du dîner officiel du sommet, l'opposition française et allemande aux projets de Bush s'est vue renforcée par le soutien de l'Italie, de la Hongrie et des pays du Benelux. Même le plus proche allié de Bush en Europe, le premier ministre britannique Gordon Brown, a déclaré qu'il était bien trop tôt pour l'OTAN d'accepter les deux anciennes républiques soviétiques.

Lors du dîner qui a duré deux heures de plus que prévu, Bush aurait finalement reconnu qu'il ne lui serait pas possible de faire accepter sa proposition. Selon un haut fonctionnaire du gouvernement américain, « la discussion avait plutôt mobilisé les Européens » et plusieurs alliés européens se sont énervés à cause de l'attitude de Bush. Dans le but évident de donner une tournure favorable au différend, le même fonctionnaire a déclaré: « On était tout à fait divisé, mais c´était une bonne division. »

Mercredi soir, après d'intenses délibérations entre le ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier allemand (SPD) et la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, un compromis fut finalement trouvé. La formulation acceptée jeudi par les participants au sommet omet de façon évidente d'avancer le moindre calendrier pour l'adhésion de la Géorgie et de l'Ukraine. Le compromis fut largement considéré comme un moyen de permettre au président américain de sauver la face et comme une victoire de la diplomatie allemande.

Dans leurs comptes-rendus des tensions survenues au sommet de Bucarest entre les Etats-Unis et leurs alliés européens, les journaux allemands ont ouvertement qualifié le comportement du président américain de provocation visant à diviser l'alliance.

Dans le Süddeutsche Zeitung, Stefan Cornelius a rapporté que la chancelière allemande, Angela Merkel (CDU), avait clairement fait comprendre au président américain il y a un an que l'Allemagne était opposée à toute adhésion à court terme de la Géorgie et de l'Ukraine à l'OTAN. Lors de plusieurs vidéoconférences avec Washington tenues ces derniers mois, Merkel avait réitéré que l'Allemagne n'était pas disposée à céder sur ce point. Jusqu'à la semaine dernière, les diplomates allemands avaient été confiants qu'une solution diplomatique serait trouvée pour résoudre la question tout en évitant un conflit ouvert lors du sommet.

Cette option allait échouer suite aux déclarations faites cette semaine à plusieurs reprises par le président Bush et dans lesquelles il insistait sur un calendrier de négociations en faveur d'une entrée rapide des deux pays dans l'Alliance atlantique. Mardi, Bush apparaissait à Kiev aux côtés du président ukrainien Viktor Iouchtchenko pour déclarer que « les Etats-Unis soutenaient entièrement [sa] demande » d'intégration à l'OTAN.

Moscou a répondu sur-le-champ à la proposition de Bush. Le ministre russe adjoint des Affaires étrangères, Grigory Karasin, a réitéré qu´une adhésion ukrainienne à l'OTAN entraînerait une crise profonde dans les relations russo-ukrainiennes et l'envoyé de la Russie auprès de l'OTAN, Dmitry Rogozin, a déclaré que, si l'Ukraine et la Géorgie étaient accueillies dans le soi-disant Plan d'action en vue de l'adhésion (Membership Action Plan, MAP), cela « marquerait un point de non retour dans les relations de son pays avec l'Alliance. »

Ecartant toute critique de ses projets, Bush a repris mercredi dans la capitale roumaine le thème de l'élargissement de l'OTAN devant un auditoire de 500 dirigeants du monde politique et des affaires ainsi que lors d'une réunion du fonds Marshall allemand.

Suite à quoi le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a réprouvé les propos de Bush, qualifiant sa proposition d´élargissement « d'artificielle et de tout à fait inutile » et lançant un avertissement ostensible depuis la Douma (le parlement) à Moscou… « Quand cela se passera, notre réponse ne se fera pas attendre, je vous l'assure. »

Le ministre des Affaires étrangères allemand, Frank-Walter Steinmeier, a déclaré mardi dans une interview accordée au Leipziger Volkszeitung qu'il existait beaucoup de scepticisme en Europe quant au soutien américain à l'entrée de la Géorgie et de l'Ukraine à l'OTAN. Steinmeier a dit qu'après la « difficile décision sur la reconnaissance du Kosovo, il est clair que nous avons atteint, en ce qui concerne notre politique étrangère, le seuil de tolérance de la Russie. »

Steinmeier, tout comme Merkel, avance l´argument que ni la Géorgie sous son président de la république autoritaire Mikheïl Saakaschvili ni l'Ukraine où une grande majorité de la population est opposée à l'adhésion à l'OTAN, ne sont prêtes pour rejoindre l'alliance.

Dans son article de tête sur l'ouverture du sommet, la Süddeutsche Zeitung a commenté : « la stratégie de confrontation de Bush dès le début du sommet a été décrite par les diplomates d'extraordinaire parce qu'elle aurait pu conduire à ce que soit le président soit son adversaire, en l'occurrence la chancelière allemande, y perde la face… »

L'avenir de l'OTAN en jeu

A l'époque de la guerre froide, l'OTAN avait été la pierre angulaire de la politique militaire occidentale sur la scène internationale. A présent, deux décennies après l'effondrement de l'Union soviétique et dans des conditions de crise financière et politique croissante aux Etats-Unis même, certains commentateurs politiques soulignent que l'apparition de divergences profondes entre l'Europe et les Etats-Unis est une menace pour l'existence même de l'alliance.

Dans un article publié dans le journal britannique Independent et intitulé : « N'est-il pas temps de dissoudre l'OTAN maintenant que la guerre froide est finie ? », Adrian Hamilton énumère un certain nombre de sujets de désaccords au sommet de Bucarest : « Les participants sont en désaccord au sujet de l'élargissement vers l'est, les Etats-Unis, soutenus par les membres plus récents, insistant pour une adhésion de la Géorgie et de l'Ukraine malgré le doute exprimé publiquement par l'Allemagne et l'opposition farouche de la Russie. Les membres du noyau central [de l´alliance] sont en désaccord au sujet de leur contribution individuelle à la guerre en Afghanistan. Même la question relativement peu controversée de l'intégration de la Macédoine dans l'organisation est menacée de veto par les Grecs si le nouveau membre refuse de changer de nom. »

Hamilton poursuit : « S'il s'agissait d'une famille, elle pourrait se mesurer aux Royal Tenenbaums [dans le film du même nom de Wes Anderson] et remporter la palme du dysfonctionnement. » Et il conclut : « La perspective angoissante qui règne à Bucarest est qu'en permettant que l'OTAN ne soit poussée dans une nouvelle direction avant que soit réglée la difficile question de son avenir, on risque de détruire l'alliance toute entière. »

L'avenir de l'OTAN fut également abordé par l'ancien ministre des Affaires étrangères allemand, Joschka Fischer, qui considère que le conflit grandissant entre l'Allemagne et les Etats-Unis est au cœur des différends survenus à Bucarest.

Fischer a écrit dans le journal Die Zeit de lundi : « L'avenir de l'OTAN en tant qu'Alliance mondiale pour l'intervention et la sécurité n'est pas à l'ordre du jour officiel du sommet de l'OTAN à Bucarest mais c'est précisément ce dont il sera question. »

En énumérant trois questions fondamentales du sommet, l'Afghanistan, l'élargissement de l'OTAN, les relations OTAN-Russie, Fischer conclut : « Il est remarquable que sur les trois questions décisives de Bucarest, le gouvernement allemand soit en opposition au gouvernement Bush. »

Il vaut la peine d'examiner les commentaires de Fischer de plus près. Contrairement à son prédécesseur, le dirigeant du SPD Gerhard Schröder, Angela Merkel a déclaré soutenir l'invasion américaine de l'Irak en 2003. Si elle avait été au pouvoir à l'époque, des troupes allemandes seraient très probablement engagées dans le bourbier irakien à l´heure qu´il est.

Depuis sa prise de pouvoir en 2005, elle s'est efforcée de surmonter la rupture qui était survenue dans les relations avec les Etats-Unis suite au refus de Schröder de défendre ouvertement l'invasion et l'occupation américaines de l´Irak. Il n'y a pas l'ombre d'un doute quant à la crédibilité atlantiste de Merkel. Mais à présent, selon Fischer, la chancelière allemande est, en dépit de ses efforts, en désaccord avec le président américain sur trois questions cruciales de la politique étrangère.

L'Allemagne est très certainement désireuse de maintenir de bonnes relations de travail avec la Russie, pays dont dépend fortement son approvisionnement en énergie. Les tentatives actuelles de Washington de raviver la guerre froide, la Russie jouant le rôle de l'ancienne Union soviétique, ne suffisent pourtant pas à expliquer l'intensité des conflits existant entre l'Allemagne et son allié d'après-guerre le plus étroit. Après la Deuxième Guerre mondiale, les nations occidentales européennes, et l'Allemagne en particulier, ont considéré les Etats-Unis comme un bastion de stabilité économique et politique.

Etant en mesure de compter sur le soutien économique et militaire des Etats-Unis dans le cadre de l'OTAN, il fut possible à l'Allemagne et aux autres pays européens de s'occuper de la reconstruction de leurs économies nationales après la guerre. Après l'effondrement de l'Union soviétique en 1991, les Etats-Unis furent considérés dans les milieux politiques influents, en Europe de l'Est comme de l'Ouest, comme un modèle de développement économique et politique.

Aujourd'hui, au début du 21e siècle, la donne est tout à fait différente. Le premier grand coup porté contre l'OTAN durant ce siècle fut donné par le gouvernement Bush avec la mise en place de la « coalition des volontaires » pour l'aider à mener sa guerre contre l´Irak et à s'assurer les ressources de pétrole du Proche-Orient. La formation d'une coalition de puissances hors des structures internationales existantes dont les Etats-Unis avaient été les pionniers après la Seconde Guerre mondiale, fut correctement interprétée par les puissances européennes comme une tentative de la part de Washington de compenser le déclin de son influence au sein de l'ONU et de l'OTAN.

A la débâcle des cinq années de guerre en Irak s'ajoutent à présent les revers qui se multiplient pour les troupes de la coalition en Afghanistan. Bush s'est rendu à Bucarest avec la ferme intention de réclamer que davantage de troupes combattent dans ce pays ravagé, mais les dirigeants européens sont tout à fait conscients à quel point cette guerre est impopulaire aux yeux de leurs électorats respectifs.

Seul le président français, Nicolas Sarkozy, a réagi au récent appel de Bush en acceptant, sans information de son parlement, d'envoyer 700 soldats français supplémentaires dans l'est de l'Afghanistan. Pour donner une idée des proportions : le commandant en chef de la force internationale de l'OTAN en Afghanistan, le général américain Dan McNeill, a déclaré il y a une semaine que plus de 400.000 hommes étaient nécessaires pour que l'alliance menée par les Etats-Unis puisse combattre efficacement les talibans dans la région. Après sept années de guerre, en plus des signes d'une activité accrue des talibans, McNeill dispose actuellement de moins de 60 000 hommes.

Fischer, au même titre que Merkel, est tout à fait conscient de la dette que le capitalisme de l'Allemagne d'après-guerre a envers les Etats-Unis mais il considère que le gouvernement Bush est trop « faible » et trop « incompétent » pour mener à bien cette besogne en Afghanistan. Fischer affirme que l'Allemagne doit surmonter ses scrupules, envoyer des troupes de combat dans des zones dangereuses et aider les Etats-Unis à tirer les marrons du feu en déployant des soldats dans les régions du sud du pays ravagé par la guerre.

Durant les derniers mois du mandat de Bush, la politique étrangère du président américain revêt un caractère de plus en plus imprévisible et agressif. Ceci a sonné l'alarme dans les milieux politiques européens tout en obligeant les puissances européennes à adopter une attitude de plus en plus indépendante en matière de sécurité et de défense.

L'influent magazine politique allemand IP (Internationale Politik) avait déjà publié des débats sur l'avenir de l'OTAN dans la période précédant le sommet de Bucarest. S'exprimant contre une poursuite de l'alliance, l'expert hollandais de la défense, Peter van Ham, y a affirmé : « Ce n'est qu'une question de temps avant que l'UE ne remplace l'OTAN comme garant de la sécurité et de la défense en Europe. » Ham a accusé les Etats-Unis d'avilir l'OTAN : « Pour eux, l'OTAN n'est rien moins qu'une sorte de saloon où le shérif américain rassemble rapidement sa bande pour traquer les méchants. En mobilisant leur alliance, les Etats-Unis peuvent acquérir le cachet de la légitimité internationale sans que leur marge de manœuvre en matière de politique extérieure ne soit réduite. »

Argumentant contre cette position, un expert plus expérimenté en matière de sécurité, le professeur Karl Kaiser, rappelle que l'objectif initial de la construction de l'OTAN n'avait pas été de combattre une menace extérieure, mais d'empêcher la guerre entre les Etats-membres. En d'autres termes, les pressions centrifuges évidentes à Bucarest et qui menacent à présent de faire éclater l'OTAN, créent également les conditions pour de nouvelles confrontations militaires entre les principales puissances militaires.

(Article original paru le 4 avril 2008)



vendredi, avril 04, 2008

Otan, impérialisme et fauteurs de guerre(s)...


En fait les ex-"satellites" de l' Urss, les uns après les autres, sont occupés à devenir les satellites des Usa, de l' Euro-dictature et de l' Otan. Les marionnettes mises au pouvoir dans ces pays par les ricano-otano-occidentaux, avec tous les appuis et subsides du Monde "libre" capitaliste font leur maximum. Tu parles de la "Liberté et de "l'Indépendance nationale" retrouvées ... C'est la soumission totale ... aux intérêts du capitalisme et de l' impérialisme pour la domination et monde et le pillage colonialiste des richesses des autres nations
RoRo



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Elargissement de l'OTAN limité à la Croatie et à l'Albanie

Les Etats-Unis, le Canada et les pays d'Europe centrale voulaient élargir l'OTAN à l'Ukraine et à la Géorgie. La France et l'Allemagne, soucieuses de ménager la Russie, ont fait échouer le proje ...

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jeudi, avril 03, 2008

l'OTAN ('Journal de M.lemaire)]



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Sujet: l'OTAN ('Journal de M.lemaire)
Date: Sat, 29 Mar 2008 20:49:21 +0100
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3-3 L’OTAN « Les armes nucléaires sont indispensables puisqu’il n’y a pas de perspective d’un monde sans armes nucléaires »…

Un nouvel avatar du « Projet pour un nouveau siècle américain » a été élaboré pour l’OTAN par cinq généraux à la retraite, tous anciens dirigeants militaires de l’Alliance atlantique ou chefs d’état-major de ses pays membres.

Attention danger. « Les armes nucléaires - y compris l’option de leur utilisation - sont indispensables puisqu’il n’y a tout simplement pas de perspective d’un monde sans armes nucléaires »… « L’utilisation en premier d’armes nucléaires doit demeurer dans les carquois de l’escalade comme instrument destiné à empêcher l’utilisation d’armes de destruction massive, afin d’éviter des risques véritablement
existentiels. »
Ce véritable appel à violer la charte des Nations unies au profit de la guerre préventive a été lancé par cinq anciens chefs d’état-major européens et états-unien - prétendant, sans honte aucune, que leur « point d’ancrage est la Déclaration universelle des droits de l’homme des Nations unies » - dans un manifeste pompeusement intitulé Vers une grande stratégie pour un monde incertain. Ce document de 150 pages a été rendu public le 10 janvier dernier, à Washington, et a été rédigé sous l’égide de l’Institut international d’études stratégiques de Londres (IISS) et de la fondation néerlandaise Noaber, proche de l’intégrisme chrétien. Il est destiné à être l’un des éléments idéologiques et politiques essentiels de la « réflexion » actuellement menée dans les capitales occidentales en vue de la transformation de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) en bras politique et militaire de l’hégémonisme états-unien sur la planète.
Les auteurs en sont le général américain John Shalikashvili, ex-chef d’état-major américain sous Bill Clinton et ex-commandant en chef de l’OTAN en Europe, le maréchal britannique lord Peter Inge, le général allemand Klaus Naumann, ancien président du comité militaire de
l’OTAN, le général néerlandais Henk Van den Breemen et l’amiral français Jacques Lanxade, ex-chef d’état-major (d’avril 1991 à septembre 1995) sous François Mitterrand.
La logique de la proclamation est fondée sur deux concepts doctrinaires essentiels : le monde issu de la victoire occidentale dans la guerre froide est aujourd’hui plein de dangers et d’incertitudes menaçant les « démocraties occidentales », alors que ces dernières ont, seules, la capacité d’instaurer un monde fondé sur les « valeurs de démocratie et de liberté ». Partant de là, affirment ces théoriciens d’une nouvelle et multiforme guerre planétaire, les États-Unis
doivent pouvoir compter sur le « couple transatlantique » , dans l’optique de la constitution d’un « directoire » à trois pôles. Cette trinité qui partage « des buts, des valeurs et des intérêts
communs » serait composée des États-Unis, une alliance militaire dominée par Washington, de l’OTAN « rénovée » - expression de la « double influence effective » des USA - et de l’Union européenne élargie.
L’objectif final à atteindre serait le remplacement du « concept binaire d’une Europe en coopération avec les États-Unis » au profit d’une « alliance de démocraties allant de la Finlande à l’Alaska ». « La certitude est aujourd’hui érodée dans notre monde par une
prolifération d’informations, de savoirs et de choix. L’érosion de la certitude est accélérée par un rapide changement technologique, social et culturel. Et il arrive que ces changements aient lieu trop rapidement pour que certaines de nos institutions majeures puissent
y faire face. »
L’idée d’un monde en pleine transformation est insupportable aux auteurs. Ah, que la guerre était belle à l’époque de l’équilibre de la Terreur ! Pourrait-on dire…
La première menace serait « la démographie » car, d’ici à 2050, la population mondiale « dépassera les 9 milliards » et celle de l’Europe, qui compte aujourd’hui pour 11 % de la totalité, ne sera plus que de 7 %… Est-ce un hasard si, la veille de la publication du document, le ministre français de la Défense, Hervé Morin, déclarait à la tribune de la 44e Conférence de l’OTAN sur la sécurité, à Munich, le 9 janvier : « Face à un monde qu’on appelait, souvenez-vous, il y a moins de vingt ans, le tiers-monde et vers lequel le pouvoir bascule irrésistiblement, nous aurons besoin de nouvelles solidarités pour porter notre communauté de valeurs. Ce sont ces éléments déterminants qui nous rassemblent et doivent guider notre politique à venir. » Le rapport des généraux cite ensuite le « changement
climatique », la « sécurité énergétique », la « montée de l’irrationnel » et « l’affaiblissement de l’Etat nation ». Mais le problème le plus fondamental, selon ces penseurs de la guerre
préventive, est « la face obscure de la mondialisation », c’est-à-dire, en vrac, une « interconnexion » qui porte « en revers » « le terrorisme international, le crime organisé et la prolifération d’armes de destruction massive, mais aussi les menaces asymétriques
d’acteurs par procuration ou l’abus des pressions financières et énergétiques. Les migrations continuent à lancer des défis au monde, ainsi que des maladies dramatiques comme le sida ».
« Toutes ensemble, ces menaces mondialisées sont à grande échelle et d’une complexité sans précédent. »
Une « défense soutenue » sera exercée « dans nombre de scènes et recouvrira nombre de domaines traditionnellement séparés ». Elle exigera « une volonté de frapper dur avec la force militaire quand ce sera nécessaire ». L’« asymétrie (des forces mises en oeuvre - NDLR) sera utilisée par toutes les parties en conflit, ce qui signifie que, nous aussi, nous devons être bien mieux préparés à l’inattendu et faire en sorte que la partie opposée ne sache jamais comment, où et quand nous agirons. (…) L’escalade nucléaire est le pas ultime d’une réponse asymétrique (du fort au faible - NDLR) et, dans le même temps, c’est le moyen le plus puissant d’induire l’incertitude dans l’esprit d’un opposant ».
Face à ce monde dont les hordes barbares assiégeraient l’Occident « civilisé », il ne peut y avoir d’autre solution que la « prévention », mais pas n’importe laquelle. Celle de l’« anticipation des menaces » et du « maintien à l’écart des risques ». Et, pour bien montrer qu’en fin de compte, l’arme nucléaire n’est qu’un instrument d’action préventive banale, les généraux affirment qu’il est « essentiel de maintenir cette dimension de guerre psychologique pour avoir le dessus sur la capacité de l’opposant à calculer les risques ». Notons au passage que le concept d’« ennemi » est remplacé par celui d’« opposant », un terme bien plus large et imprécis permettant toutes sortes d’interprétations…
Ce concept délétère de frappe « préventive » est directement issu de la doctrine bushienne d’« invulnérabilité préventive ». Une doctrine largement défendue par l’ancien premier ministre britannique Tony Blair, et adoptée également par le pouvoir français.
Déjà, en janvier 2006, Jacques Chirac avait affirmé être disposé à lancer - notamment en cas de contestation de nos « sources d’approvisionnement » ou de « menace terroriste » de la part d’un État - une attaque nucléaire préventive, même contre un pays non
nucléaire. Dans le même temps, Washington, comme Londres et Paris, procède au perfectionnement de l’arme nucléaire, contrairement au principe même du traité de non-prolifération (TNP). « Les opérations en cours en Irak et en Afghanistan ont montré que
les structures actuelles des forces de la plupart des États occidentaux ne sont pas pleinement capables de répondre aux défis militaires présents. Tandis que les membres de l’OTAN investissent dans de nouvelles capacités (d’armement - NDLR), nombre de ces dernières ne sont prévues que pour l’ère géographique de défense de l’OTAN. (…) Les membres de l’OTAN (européens, bien sûr - NDLR) n’ont pas la volonté d’investir dans des capacités exigées aujourd’hui et leurs budgets de la défense ne reflètent pas les priorités. »(…) « Le commandant "de théâtres" devra "détenir l’autorité opérationnelle" et, le cas échéant, on devra lui attribuer "une pré délégation de capacité de riposte (…) lorsqu’on n’aura pas le
temps d’attendre une décision dans ce sens du conseil" de l’Alliance, comme par exemple dans le cas "d’une attaque par missile ou d’une cyberattaque" . »
Le moment est donc venu, affirment les ex-chefs d’état-major, de réformer l’OTAN - « unique organisation à la fois politique et militaire » - pour développer et exploiter à plein ses capacités d’intervention partout dans le monde.
Il s’agit, par conséquent, de donner une autorité en quelque sorte supranationale à l’OTAN toujours, cela va sans dire, sous la haute autorité des États-Unis. Tout d’abord, « l’OTAN devrait abandonner le principe du consensus à tous les niveaux, à l’exception de celui du
conseil ». Ensuite, « uniquement les États qui contribuent à une mission - c’est-à-dire par des forces armées dans une opération militaire - devraient avoir le droit de décider du processus de l’opération ».
Dans ce contexte, les cinq généraux intiment à l’Union européenne de mettre fin à son « obstruction à la coopération UE-OTAN » et de tout faire pour devenir « le véritable et indispensable partenaire des États-Unis » afin d’agir dans « l’intérêt commun transatlantique ».
À Munich, le 9 janvier dernier, paraphrasant Nicolas Sarkozy, Hervé Morin a affirmé : « Je considère pour ma part que nous faisons partie d’une communauté euro-atlantique, une communauté de valeurs qui repose sur des fondements philosophiques communs, sur les mêmes fondations. » Et, a-t-il ajouté, « l’Europe doit en effet faire plus pour partager le fardeau de sa défense, mais les nations européennes ne le feront que si elles prennent conscience de leurs propres responsabilité s, et cette conscience-là ne viendra que si elles sortent de l’infantilisation dans laquelle on les confine. (…) Et on voit bien que l’Union européenne, ce n’est pas moins d’Alliance mais plus de forces - de ce réservoir de forces qui sont au service de l’Alliance et de l’Union européenne ». Quant à la France, son « regard sur l’OTAN a nécessairement changé, et suscité naturellement une réflexion renouvelée sur la relation que nous devons entretenir avec elle, en tant qu’allié et force de proposition ».
Toutes ces « réflexions » convergent vers une même direction : celle tracée par le « Projet pour un nouveau siècle américain » (PNAC), élaboré en 1997 par les idéologues néoconservateurs arrivés au pouvoir en 2000 avec W. Bush. Une doctrine devant conduire à
l’hégémonie planétaire des États-Unis - une obligation par « destin
manifeste », disent-ils -, dont le texte des cinq généraux est en quelque sorte une mise à jour : face aux échecs des guerres états-uniennes, il y a urgence de faire de l’OTAN une armée de
réserve offensive pour tenter d’empêcher l’inévitable formation d’un monde aux pôles multiples avec une autonomie croissante.
Il est significatif que le manifeste explique que l’Alliance doit développer « une stratégie d’information » afin de démontrer « au monde que l’OTAN est une force du Bien », afin qu’elle « détienne la maîtrise de l’information dans les relations publiques » et de faire en
sorte de « gagner les coeurs et les esprits aussi bien de ses propres nations que des gens du théâtre d’opérations »…
L’hégémonisme est donc bien résistible : les opinions publiques - pas seulement en Occident - sont là pour dire que des solutions existent pour répondre durablement et pacifiquement aux crises et régler les conflits existants. Encore faut-il faire en sorte qu’elles soient mises en oeuvre.
Michel Muller




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