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jeudi, juin 26, 2008

De Crem entraîne la Belgique dans la guerre en Afghanistan

De Crem entraîne la Belgique dans la guerre en Afghanistan

En septembre, le ministre De Crem – dit Crembo - a envoyé quatre F-16 et 140 soldats supplémentaires à Kandahar. La Belgique se retrouve ainsi impliquée dans la guerre de l’OTAN et des États-Unis. Quant aux soldats belges, ils risquent de devenir complices de la mort de civils innocents.
Danny Claes et Bert De Belder

Les prétextes d’une guerre erronée
Pourquoi la Belgique devrait-elle envoyer des soldats en Afghanistan à des milliers de kilomètres de chez nous ?
Au fait, l’Afghanistan se trouve au centre de l’Asie et occupe une position stratégique entre le monde arabe, avec ses énormes réserves de pétrole, et les nouvelles économies émergentes que sont la China et l’Inde. Par le passé, cette position stratégique lui a régulièrement valu d’être un lieu d’affrontements pour le contrôle du continent asiatique. Autre élément non négligeable, on y prévoit un oléoduc via lequel les États-Unis espèrent contrôler l’approvisionnement de toute l’Asie du Sud.
Ce n’est donc pas un hasard si les USA ont en 2001 lancé là-bas leur première guerre en Asie depuis le Vietnam. On savait déjà à l’époque de Léopold II et de son « œuvre de civilisation » au Congo que pour vendre une guerre il faut lui trouver de nobles intentions. Il serait en effet du plus mauvais effet de dire que nous envoyons des soldats pour mener aux côtés des USA une guerre stratégique en vue de contrôler l’Asie centrale. Ainsi, le ministre De Crem a lui aussi avancé de nobles objectifs pour présenter cette guerre.
1er prétexte : « Aider les pauvres Afghans »
Il est un fait que l’Afghanistan est un pays pauvre. 53% des 32 millions d’habitants vivent sous le seuil de pauvreté. Le revenu moyen s’élève à 1 490 dollars par an. Ce dont les Afghans ont besoin ce sont des écoles, des routes, des usines et des hôpitaux. Pour cela, il leur faut développer une industrie nationale propre. Le pays regorge d’atouts puisque, selon le Service géologique des États-Unis, le pays disposerait d’une réserve de 1 000 km3 de gaz naturel, 570 km3 de pétrole et 210 km3 de gaz liquide. Outre d’importantes réserves d’or, de cuivre, de charbon et de minerais de fer.
Naturellement, développer une industrie de base nationale coûte très cher. Mais lancer des bombes coûte cher également. Selon les calculs de Joseph Stiglitz, ex-économiste principal à la Banque Mondiale et Prix Nobel, la guerre en Afghanistan coûte aux États-Unis 3,5 milliards de dollars par mois. Si les USA avait donné cet argent à la population, on aurait pu doubler le revenu de chaque Afghan ! Pour l’heure, la guerre ne rapporte qu’aux seuls fabricants d’armes. Et qui finance tout ceci ? Nous tous, aujourd’hui à la pompe et demain via nos impôts.
2e prétexte : « Protéger les droits des femmes »
Le journaliste néerlandais Arnold Karskens explique qu’aux Pays-Bas, la mission militaire a été « vendue » au grand public avec la promesse qu’on irait bâtir des écoles pour filles. Mais deux ans plus tard, aucune école n’a encore été construite, on a juste bombardé des villages et parmi les victimes on retrouve des femmes et des enfants. L’argument des droits de la femme a donc été utilisé de façon perverse pour nous entraîner dans une logique de guerre.
Selon les organisations de défense des droits de l’homme sur le terrain, le nombre de mauvais traitements infligés aux femmes n’a pas diminué comparé à l’époque des talibans. Les hauts fonctionnaires qui doivent leurs postes à l’OTAN continuent de bafouer les droits de la femme. Selon Fawzia Kofi, un parlementaire qui cette année a pu visiter la prison de Policharkhi, de nombreuses femmes et jeunes filles y sont abusées sexuellement.
3e prétexte : « On ne peut tout de même pas soutenir les talibans »
Pardon ? Les talibans se sont développés durant les 15 années d’opposition fondamentaliste contre l’invasion de l’Union Soviétique en Afghanistan (1979-1994). La CIA leur a fourni armes et entraînements. Ce n’est certainement pas le mouvement pacifiste belge qui leur a fourni les armes ! Et savez-vous qui favorise le regain de popularité des talibans aujourd’hui ? L’armée américaine et l’OTAN qui ont fait bien plus de victimes civiles que les talibans eux-mêmes.
4e prétexte : « Si nous nous retirons, il y aura une guerre civile »
Il s’agit là bien sûr d’un argument de pacotille : justifier une guerre en cours par le fantôme d’une guerre future. Personne ne peut prédire l’avenir. L’histoire de l’Afghanistan nous apprend qu’entre 1839 et 1919, le pays a été en guerre perpétuelle contre les Anglais qui ont tenté (en vain) de le conquérir. Le pays a connu sa plus longue période de stabilité entre 1933 et 1973, c’est-à-dire à une époque où on les a laissés tranquille. Entre 1978 et 1992, durant la Guerre Froide, le pays a été le jouet des États-Unis et de l’Union Soviétique d’alors. Les États-Unis ont considéré que l’Afghanistan était un territoire conquis. Depuis 2001, les États-Unis y mènent une guerre contre les talibans. Une chose est sûre, c’est que l’Occident n’a certainement pas amené la paix en Afghanistan, bien au contraire !Pour plus d’infos, lire l’interview d’Arnold Karskens sur www.intal.be
PS, SP.a et Groen !, entre frilosité et opposition
La Chambre débat sur l’engagement belge en Afghanistan. L’opposition exprime ses critiques. Le PTB exige que soit annulée la décision d’envoyer en Afghanistan quatre F-16 et 140 militaires.
L’ancien ministre de la Défense André Flahaut (PS, majorité) a rappelé que la Belgique reste un bon élève de la classe de l’Otan. Et Flahaut entend le rester. Il demande seulement que la mission belge en Afghanistan soit évaluée régulièrement et que des « règles strictes d’engagement » (autrement dit, les critères pour les opérations de combat) soient fixées. Flahaut veut une stratégie de sortie claire pour l’Otan, « car nous n’allons pas pouvoir rester éternellement en Afghanistan ».
Dirk Van der Maelen (SP.a) veut que la décision gouvernementale d’étendre la mission en Afghanistan soit revue. Pour trois raisons. Primo, la Belgique ne doit pas s’inscrire dans la vision et la stratégie des USA de la « guerre contre le terrorisme ». Dans le sud de l’Afghanistan, « on y va pour se battre », ajoute Van der Maelen, « mais essayer d’éliminer des terroristes via une ‘guerre contre le terrorisme’, c’est contre-productif ». Secundo, cette guerre ne peut être gagnée et elle met même le futur de l’Otan en danger. Van der Maelen se dit « amant très platonique » de l’Otan. « Si on veut maintenir l’Otan, il convient d’admettre très vite que notre présence en Afghanistan est une erreur. »
Wouter De Vriendt (Groen !) s’oppose à l’envoi de F-16 belges en Afghanistan et il a d’ailleurs signé la pétition du mouvement pour la paix. De Vriendt est très critique depuis qu’à Washington, De Crem a laissé entendre que les F-16 belges n’allaient pas seulement soutenir l’ISAF – la mission de l’Otan censée, avec mandat de l’ONU, procéder à la… reconstruction – mais également l’Operation Enduring Freedom des États-Unis. Selon De Vriendt, cette dernière équivaut à une « guerre illégale » au cours de laquelle, entre autres, les F-16 hollandais ont déjà fait bien des victimes innocentes. « Sera-ce bientôt le cas pour les pilotes belges aussi ? », se demande-t-il.
Peter Mertens, président du PTB, s’est exprimé la semaine dernière dans un communiqué de presse : « Au lieu de limiter le débat aux moyens, à la durée, au coût, à la mission et aux modalités de l’intervention militaire belge, nous devons concentrer nos regards sur les intérêts géopolitiques en jeu dans le conflit afghan. D’un côté du pays, vous avez les gisements pétroliers arabes, de l’autre, la Chine et l’Inde. La Belgique doit observer une règle de l’engagement zéro. Cela veut dire ne pas intervenir dans cette guerre sale de la Maison-Blanche et de l’Otan. Au lieu de palabrer sur une stratégie de sortie, il vaudrait mieux faire en sorte d’abord de ne plus envoyer de troupes sur place. Le PTB exige que soit révoquée la décision gouvernementale d’envoyer en Afghanistan quatre F-16 et 140 militaires de plus. C’est aussi ce que réclame la pétition du mouvement belge pour la paix. En outre, le PTB veut qu’il soit mis un terme à l’actuelle présence de la Belgique et de l’Otan en Afghanistan et que les coûts énormes de cette opération aillent au développement, et non plus à la guerre. »
« Entraîné dans la guerre avant de s’en rendre compte »
Le journaliste néerlandais Arnold Karskens est très clair : la Belgique a franchi un pas dangereux.
Deux semaines durant, le journal belge De Standaard a dépêché sa rédactrice Corry Hancké et sa photographe Monica Monté pour accompagner les troupes hollandaises en Afghanistan. Leurs interviews relataient inlassablement le même message : l’envoi de F-16 ne comporte aucun danger pour les pilotes belges. Et de préciser : « on nous a dit que les appareils volaient surtout très bas au-dessus des têtes des talibans pour les effrayer. Ce n’est que si ça ne marche pas qu’ils laissent choir quelques bombes. »
Le reporter hollandais Arnold Karskens refuse d’être « incorporé ». « Parce qu’un journaliste doit toujours critique et non faire comme mes collègues qui sont « incorporés » : raconter à quel point c’est chouette pour les militaires, que la bouffe est bonne et que le courrier est toujours ponctuel. C’est une solution de facilité et c’est avantageux financièrement, car cela ne coûte strictement rien aux journalistes. Les journalistes « incorporés » ont d’ailleurs peu d’expérience et ils gobent généralement toute la propagande de guerre. »
Karskens suit l’intervention néerlandaise en Afghanistan de près et ce, depuis quelques années. Son témoignage à la Chambre est très différent de celui des journalistes du Standaard. Karstens : « La Belgique franchit un pas très dangereux. Vous partez avec quatre F-16. Ils seront quand même utilisés, finalement, quand des bombardements seront nécessaires. Avant de vous en rendre compte, vous êtes incorporé dans cette guerre… alors, vous allez larguer des bombes et vous-mêmes vous vous ferez tirer dessus. » Nous pouvons donc nous attendre à des infos sur les victimes civiles provoquées par les pilotes belges. Sans que nous ne nous en rendions compte, nous risquons lentement mais sûrement, via la mission de l’Otan, de participer à l’opération américaine Enduring Freedom, qui se traîne depuis 7 ans déjà.
Un général américain a calculé que pour avoir la situation sous contrôle, il fallait au moins 400 000 hommes sur le terrain. Une autre façon de dire que cette guerre ne peut être gagnée et que nous ne sommes pas encore prêts à en voir la fin. En outre, il y a le danger d’escalade : à la frontière avec le Pakistan, les tensions montent.
Appel du mouvement pour la paixNon aux F-16 en AfghanistanDiverses organisations pacifistes ont lancé une pétition contre l’envoi d’avions de guerre en Afghanistan. Chaque signature compte, la vôtre aussi !Signez la pétition on-line sur www.stopusa.be ou commandez-la chez Intal, Chaussée de Haecht 53, 1210 Bruxelles, tél. 02/219 23 50 ou info@intal.beVous pouvez également vous inscrire pour participer à l’action contre les F-16 qui sera organisée cet été.

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